
Aucune solution ne se dessinait hier pour sortir de la crise qui secoue, pour une énième fois, la ville d'Akbou. Les troubles post-affichage des listes de pré-bénéficiaires de logements sociaux sont à craindre, nous ont fait savoir quelques responsables locaux.Depuis trois jours, la cité akboucienne vit une ambiance électrique.La RN 26 reliant Béjaà'a à Alger est restée fermée par les demandeurs de logements sociaux de la commune d'Akbou au niveau du carrefour de la zone industrielle de la même ville pour la seconde journée consécutive.Désormais, le plus important centre de l'industrie régionale s'est retrouvé, soudainement, otage d'une crise qui n'est pas la sienne.Des centaines de camions sont immobilisés, soit au niveau des parkings des sociétés, soit aux abords de la chaussée dans l'attente d'une libération de la voie obstruée par des centaines de personnes en colère.L'affichage des listes des 573 pré-bénéficiaires de logements sociaux, reporté sur ordre du wali, Ould Salah Zitouni, pour une histoire de procès-verbal non établi au moment de la résolution des listes par les services de la commission de daà'ra, est la seule raison qui a poussé les citoyens de la ville des pitons à sortir dans la rue, avons-nous appris sur place.A entendre le premier responsable de la wilaya qui s'est invité sur les ondes de la radio Soummam dans le cadre de ce conflit, l'existence d'un P-V sanctionnant les travaux de la commission d'attribution de logements sociaux au niveau de la daà'ra est un fait inédit et gravissime aux yeux de la loi. Tout le monde s'accorde à dire que le wali a agi dans le respect de la procédure au vu de cette «inexplicable» attitude le l'ex-chef de daà'ra d'Akbou à qui l'on a incombe la responsabilité de cette affaire qui ne cesse de s'enliser. «Franchement, c'est déshonorant et désolant à la fois de fermer une route nationale pour des citoyens, je ne vois pas pourquoi faire payer une famille, des enfants, des personnes âgées, des malades pour un problème administratif», nous a déclaré un automobiliste coincé dans les bouchons dans cette zone, qui nous a joint par téléphone dans la matinée d'hier.Selon nos informations, le premier responsable de l'exécutif de Béjaà'a a pris toutes les dispositions nécessaires et rapides aux fins de remédier à la situation qui prévaut dans cette importante localité qui risque à tout moment de s'embraser, si l'on tient compte de la tension qui règne dans cette ville.La municipalité d'Akbou, pour rappel, s'est enfoncée dans une crise sans précédent. Tous les indicateurs sont au rouge depuis plusieurs années. La population locale souffre de regrettables conséquences d'un blocage initié volontairement par son exécutif communal et ce, depuis les dernières échéances électorales. Les walis en exercice ont été sollicités à plusieurs reprises par la population locale pour intervenir dans le conflit ayant gangrené les élus mais sans résultat.«La dissolution de l'APC» et «la mise en place d'une commission d'enquête sur la gestion de la commune» sont les seuls leitmotiv des citoyens d'Akbou, qu'ils ne cessent, jusqu'au jour d'aujourd'hui, de réclamer. Les services de sécurité, pour leur part, ont été instruits par la même autorité de désengorger les spectaculaires embouteillages au niveau du point noir barricadé par les manifestants. La Gendarmerie nationale et les services de police ont été mobilisés durant toute la journée d'hier pour tenter de fluidifier l'étroit passage encore existant entre les habitations et les usines situées au versant sud de la localité de Taharacht.Les dernières déclarations faites par le wali sur les ondes de la radio et au niveau d'un hôtel privé de la région, où a lieu une rencontre avec les investisseurs locaux menaçant de recourir à l'application de la loi face aux «perturbateurs» de l'ordre public, n'ont finalement pas dissuadé les manifestants, sachant qu'une éventuelle intervention des forces de l'ordre n'aura, sans nul doute, pas lieu dans cette région où tous les ingrédients d'une rébellion sont réunis.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Kamel Gaci
Source : www.lesoirdalgerie.com