
Qui aurait pu penser qu'un jour après avoir subi attaques, saccage et dévastation, l'ancienne capitale siamoise qu'était Ayutthaya allait renaître de ses cendres comme le phénix 'Pas comme elle l'était du temps de sa splendeur et le faste de ses monastères, de ses prangs et ses palais. Non ! Mais ce sera grâce à l'Unesco qui l'a classée patrimoine mondial en 1991 qu'elle va revivre et attirer des milliers de touristes, d'historiens, de sociologues, venant de toutes les parties du monde.Comment faire pour rejoindre Ayutthaya, distante de Bangkok de 80 km ' Ne faisant pas partie d un groupe organisé de touristes, nous jetâmes notre dévolu sur une voiture taxi pour une demi-journée. On nous a conseillé d'emporter une ombrelle et un chapeau de paille pour se couvrir des rayons du soleil. Le 1er février, départ vers Ayutthaya. Pour programme, il est question de visiter le Bang Pa -In Palace. L'entrée est fixée à 100 bahts. Mais un tour (ou le jeu) dans le site en vaut la chandelle. D'abord prendre le pouls du Bang Palace, entouré d'un mur d'enceinte pour sa sécurité. Cette dernière est assurée par des militaires comme dans une vraie caserne.Le Royal Palace fut érigé pendant le règne du roi Prasat Thong au XVIIe siècle. A notre arrivée, il y a avait beaucoup de touristes qui faisaient la chaîne devant l'entrée. A chaque touriste, le préposé à la caisse remet un dépliant en langue thaï et en anglais. Cela permet de reconnaître les bâtiments à visiter : comme le Phra Thinang (résidence royale), le Phra Thinang Uthayan (la résidence favorite du roi Chulalongkorn), le Ho Withun (une sorte d'observatoire), le Phra Thinang Aisawan Thiphya-art (une autre résidence royale pour l'été), le Phra Thinang Wehart Chamrun.C'est vers ce dernier qu'affluent nombre de touristes. C'est la résidence royale construite par les Chinois dans le style qui est le leur. On le voit à la forme d'une pagode à étages. Ses murs sont richement décorés, alors que les objets exposés sont recouverts de paillettes en or et en argent. Les porcelaines ont servi à la décoration des colonnes et des fenêtres. Comme elle est entourée de trois rivières, Ayutthaya a tout d'une île et son emplacement au-dessus de la barre du golfe lui confère une position stratégique.Ce choix aussi était motivé par la crainte d'être attaqué par les voisins birmans. Justement, un siècle plus tard, Ayutthaya fera l'objet d'une attaque, suivie d'un pillage hors norme. Pire que cela, la ville sera rasée au cours d'une autre attaque. Plus jamais on ne pensa à la reconstruire. Aujourd'hui, ses vestiges, protégés par une loi, sont un site touristique de premier choix, de sorte que l'on vous dit si vous venez en Thaïlande et que vous omettez de faire une escapade jusqu'à Ayutthaya, votre passage n'aurait servi à rien.PalaisAinsi, après avoir visité le palais royal et ses nombreuses dépendances, surtout ses bandes gazonnées où trônent des éléphants et d'autres animaux taillés dans des arbustes, tout cela constitue une curiosité à ne pas manquer. Beaucoup se plaisent à prendre des photos à côté de ces animaux verdoyants. Plans d'eau et espaces gazonnés procurent aux lieux un attrait unique. Une vraie oasis où il fait bon flâner, à condition de se protéger contre l'ardent soleil.De larges panneaux informent le visiteur sur l'histoire des édifices qui composent Bang Pa-In Palace dont l'édification remonte au début du XVIIe siècle par le roi Prasat Thong, mais le palais va tomber en désuétude après la chute d'Ayutthaya. Le roi Mongkut, connu sous le titre de Rama IV, entreprit la restauration des édifices en 1850, mais c'est son successeur Rama V qui acheva l'édification des constructions dont le style va du néo-classique au moderne, en passant par l'européen, le style chinois et thaï. Reste le site, ou l'historique parc à visiter.Il est situé à plusieurs centaines de mètres de Bang Pa -In Palace. On s'y est rendu en voiture, alors que le soleil était presque au zénith. «Couvrez-vous et prenez beaucoup d'eau», nous avait-on averti la veille. C'est ce que nous avons appliqué à la règle.En cours de route, plusieurs éléphants marchaient à la queue leu leu, transportant plusieurs touristes sur leur dos. Des boutiques proposent des objets de l'artisanat local, mais tous représentatifs du bouddhisme : des porte-monnaie, des breloques, des chaînes, des bijoux en toc, des bibelots représentant des éléphants, des temples? Des échoppes à côté servent des en-cas, des fritures de toutes sortes de viandes, notamment de poulet. Avant d'accéder dans la cité, on s'acquitte du prix du ticket, 50 bahts. Nous voilà dans la ville antique que fut Ayutthaya.PrestigesTous les édifices sont construits avec de la brique rouge ; des prangs (tours reliquaires) dressent leur pointe vers le ciel ; des monastères qui portent la marque des multiples agressions des armées birmanes ; des bouddhas étêtés et alignés sur un muret ; une autre tête de bouddha incrustée dans les racines apparentes d'un figuier sauvage. Les prangs, les pagodes et autres temples portent les traces de l'incendie subi par la cité.Les briques calcinées par endroit prouvent si besoin est l'acharnement des armées ennemies sur les édifices. Ayutthaya en garde les séquelles, mais son prestigieux passé est toujours vivace ; preuve en est, le nombre de touristes qui affluent de toutes les régions du monde. Demeure, imperturbable au milieu des ruines, un gigantesque Bouddha assis en tailleur et dont on a recouvert l'épaule et une partie du tronc d'une robe orange. Au-delà du mur d'enceinte, nous apercevons l'autre partie de la cité, mais qui est fermée pour cause de restauration.Pour nous, c'était comme si nous faisions un saut dans le passé prestigieux de cette cité autrefois prospère et florissante et qui devint aussi l'une des agglomérations les plus grandes et les plus cosmopolites du monde. Elle était même devenue un centre mondial de la diplomatie et du commerce. A l'époque de sa splendeur, Ayutthaya comptait un million d'habitants et plus de 1500 temples. Elle entretenait des rapports avec l'Inde, la Chine et la Malaisie. Son nom entier était Phra Nakhon Sri Ayutthaya.
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Lazhar Baaziz - retraité de l'éducation - ain Beida, Algérie
09/02/2018 - 370347
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Baâziz Lazhar
Source : www.elwatan.com