Oran prise d’assaut par des légions de mendiants
 Chose curieuse, dégradante et inquiétante à la fois, à Oran, chaque fois que le Ramadhan frappe à nos portes, la mendicité, particulièrement infantile, prend des proportions chaque fois plus inquiétantes et bien évidemment, plus dégradantes pour la société et ceux qui la pratiquent.
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Cette fois encore et à exactement une semaine de ce mois de piété et de pénitence, la ville d’Oran est carrément prise d’assaut par des légions d’adeptes de la manche que l’on dirait fraîchement sortis d’établissements spécialisés. Au vu de leur nombre impressionnant et de l’absence de réaction des pouvoirs publics, l’on est tenté de croire que la mendicité et le vagabondage, jadis considérés comme pratiques contraire à la loi, ont été dépénalisés.
 A Oran donc et contrairement aux statistiques triomphalistes du département d’Ould Abbas, la mendicité, notamment infantile, est plus que jamais présente et chaque jour qui passe elle est renforcée par d’autres fournées que l’on ne peut raisonnablement classer parmi la population invalide. Parmi ces nouveaux contingents où l’élément féminin et juvénile prédomine, on compte de très nombreux enfants dont plusieurs encore dans les langes et que leurs parents ou employeurs exhibent ostensiblement pour pousser les gens à porter la main à la poche et faire le geste qui en est attendu. Pour avoir une idée de l’ampleur du phénomène et de la prépondérance de l’élément féminin et des enfants en âge de scolarité mais qui n’ont jamais fréquenté l’école, une tournée du côté de la rue Ben M’hidi, de sa jumelle de Khémisti, de la poste centrale, des banques et mosquées, des mille et un restaurants et fast-food et des coins les plus insoupçonnés de la ville de Sidi El-Houari s’impose. Selon certaines sources, derrière la prolifération de ce phénomène d’un autre âge, il y aurait des réseaux mafieux qui profitent de la précarité de jeunes mères célibataires et d’enfants nés sous X pour les exploiter comme jamais êtres humains ne l’ont été auparavant. En effet, lorsque l’on voit des enfants pas plus hauts que trois pommes réciter comme des automates le texte que des grands leur ont appris à coups de claques, l’on peut mesurer la détresse de cette frange de la société à la protection de laquelle la Constitution a pourtant consacré des chapitres entiers mais dont plus personne, pas même les services d’Ould Abbas, ne se soucie. A Oran donc et jusqu’à preuve du contraire, la mendicité infantile ne serait plus un acte répréhensible. De la sorte, la lutte pour la conquête des points stratégiques -pas des mosquées, banques, hôtels luxueux, restaurants et night-club bat son plein au vu et au su de tout le monde. Cette vérité que l’on ne retrouve pas dans les statistiques officielles fait que de plus en plus d’Oranais continuent à douter de la sincérité des responsables en charge du volet social de la vie en communauté ainsi d’ailleurs que de l’utilité des innombrables associations prétendument caritatives mais que l’on ne retrouve que le jour de la répartition des subventions ou des festivités.
A Oran donc et alors que l’école, ce haut lieu du savoir où se forgent les générations de demain, accueille des milliers de jeunes citoyens, des milliers d’enfants continuent à être privés de ce droit constitutionnel pour être jetés en pâture à des grands qui devraient se sentir petits en raison de leur défaillance et du grave préjudice qu’ils causent à des êtres aussi fragiles mais qui, une fois adultes, ne manqueront pas d’exiger des comptes.
M. Nemili
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Posté par : sofiane
Source : www.voix-oranie.com