Je me désole en ce mois de mai 2016 d'assister à des discours contradictoires entre ministres, des discours démagogiques ignorant les réalités du monde voulant incomber tout notre mal à l'extérieur, des querelles de chapelle entre Ministres et certaines personnalités, donnant une mauvaise image de l'Algérie au niveau international et démobilisant la population.Face à la baisse du cours des hydrocarbures de longue durée et des tensions géostratégiques, l'Algérie a besoin de rassembler toutes les énergies sans exclusive, tenant compte de leurs différentes sensibilités, qui contribuent au développement du pays. 1.-Il faut se méfier de certains soi dis-disant experts, se contredisant à intervalles réguliers, induisant en erreur l'opinion publique, qui prédisent un retour du cours du pétrole au dessus de 80/90 dollars entre 2016/2020, devant s'en tenir aux fondamentaux. Selon la majorité des experts et institutions internationales existe plusieurs scénarios : un retour de la croissance de l'économie mondiale permettait un cours variant entre 60/70 dollars ; une croissance modérée entre 50/60 dollars ; une croissance en berne entre 40/50 dollars et une dépression mondiale un cours inférieur à 30 dollars. Etant une erreur de raisonner sur un modèle de consommation énergétique linéaire du passé, au-delà de 2020, le monde s'oriente vers une grande mutation énergétique mondiale allant vers MIX énergétique. Les deux plus grands producteurs de pétrole au monde l'ont compris. L'Arabie Saoudite consacrera plus de 2000 milliards de dollars pour se libérer de la dépendance rentière. La Russie , ne parlant pas des USA qui ont une économie diversifiée s'autosuffisant et exportant bientôt vers l'Europe, envisage de réaliser également cette transition car pour reprendre les propos récents du Ministre du développement russe, je le cite : « de la même façon que l'âge de pierre, qui n'a pas pris fin parce qu'il n'y avait plus de pierres, l'ère du pétrole est terminée Nous nous sommes retrouvés dans le camp des pays perdants qui n'ont pas eu le temps d'adapter leur économie. Le futur est arrivé avant que l'on s'y attende »(1). 2.-L'Algérie devra également s'orienter vers cette transition afin d'asseoir une économie diversifiée. Les ajustements économiques et sociaux nécessaires où les sacrifices devront être partagés, impliqueront de profondes réformes structurelles, des stratégies d'adaptation tant aux nouvelles mutations mondiales qu'internes à l'approche de la quatrième révolution industrielle analysée minutieusement lors de la dernière rencontre du Word Economic Forum. Son Excellence le président de la République le 01 mai 2016 a rappelé l'urgence de profondes réformes, condition pour une économie diversifiée(2). Pour atteindre ce but, l'Algérie sans chauvinisme l'Algérie devant éloigner toute vision de sinistrose mais également de toute autosatisfaction déconnectée des réalités, a toutes les potentialités pour y arriver. Mais cela implique de reposer le développement sur les trois fondamentaux du XXIème siècle :.premièrement, la bonne gouvernance, l'Etat de Droit et la démocratisation, de la société tenant compte de son anthropologie culturelle conciliant la tradition et la modernité ; deuxièmement la valorisation de la connaissance en améliorant la qualité et troisièmement le dialogue permanent entre le Pouvoir et les différentes forces sociales et économiques sans exclusive, le mouvement de la société donnant naissance à des forces nouvelles dynamiques tant politiques, sociales qu'économiques. 3.-Aussi, en ces moments de grands bouleversements géostratégiques dans la monde et à nos frontières, avec la baisse des recettes de Sonatrach, l'Algérie a besoin d'une mobilisation sans faille de tous, ce qui ne signifie pas unanimisme signe de décadence de toute société , mais de rassembler tous ses enfants pour un devenir solidaire. Le débat contradictoire productif, le dialogue serein et la symbiose Etat/citoyens, sont me semble t-il la condition sine qua non pour établir tant un bilan objectif afin de corriger les erreurs du passé que de tracer les perspectives futures du pays. A l'ère d'Internet le monde est devenu une maison en verre et il s'agit d'éviter toute désinformation contreproductive. L'Algérie a besoin surtout d'un regard lucide et non de courtisans liés à la rente, nuisibles au devenir du pays. Il ne faut pas avoir une vision négative ce qui se passe en ce mois de mai 2016 avec des prises de positions contradictoires tant au niveau des partis politiques du pouvoir, de l'opposition, de certaines organisations de la société civile ou de certaines personnalités économiques. Cela traduit la vitalité d'une société à la recherche de son destin. Personne n'a le monopole du nationalisme et de la vérité. Le plus grand ignorant est celui qui prétend tout savoir d'où l'importance du respect et de la tolérance des idées d'autrui. Tous les Algériens aiment leur pays et rêvent qu'ils deviennent un pays émergent. Les discours qui voient l'ennemi de l'extérieur partout afin de voiler les difficultés internes ne portent plus et sont déconnectés de la réalité sociale avec une jeunesse exigeante de plus en plus instruite et parabolée. Certains qui attisent la haine et la division ne rendent pas service au pays en cherchant surtout à préserver leurs intérêts personnels au détriment des intérêts supérieurs de l'Algérie. En ces moments cruciaux pour son devenir, si elle veut éviter le retour au FMI, des tensions sociales de plus en plus aiguës, l'Algérie a besoin de plus de moralité, d'une vision stratégique claire, de revoir son modèle socio-économique et socio-politique, loin des discours démagogiques populistes. Les solutions ne sont pas essentiellement techniques mais politiques. Faute de quoi il ne faut pas s'attendre à un retour à la croissance avec les risques d'une déflation sociale à terme (1) -Evitant toute vision de sinistrose, le professeur Abderrahmane MEBTOUL membre de plusieurs organisations internationales a donné le 04 mai 2016 une interview en anglais à l'agence internationale INTERFAX ( diffusion ?Amérique, Asie, Europe-Afrique ?Moyen orient repris par Bloomberg ) où il amis en relief que l'Algérie est un pays où la sécurité des sites pétroliers est assurée , que le départ de BP et Staoil sont transitoires et que toute compagnie recherche le pays où le profit est maximum en incluant les coûts de sécurité. L'Algérie face à la concurrence devra adapter sa législation pour attirer les investisseurs ( Voir http://interfaxenergy.com/gasdaily/article/20152/bp-and-statoil-seek-better-terms-in-algeria « BP and Statoil seek better terms in Algeria By » Astrid Madsen 4 May 2016 » -Voir également le plus grand quotidien français le monde fr/Afrique du 18 mai 2016- analyse du Pr Abderrahmane Mebtoul sur la situation de l'économie algérienne, ses perspectives et le partenariat gagnant/gagnant entre l'Algérie et ses partenaires -également les hebdomadaires le Pojnt.fr/Afrique- L'Express et RFI avril 2016 Paris France) (2)-le professeur Abderrahmane Mebtoul a dirigé pour le compte du gouvernement assisté de 23 experts une importante étude: face aux mutations mondiales, les axes de relance économique de l'Algérie 2014/2020 »- (10 volumes 2014 -1000 pages)
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Abderrahmane MEBTOUL
Source : www.reflexiondz.net