Oran - A la une

«Avec l'union et la résistance, les droits seront retrouvés»



Une marche de vendredi presque joyeuse que celle d'hier, avec quelques youyous et des chants en boucle «He ho mabrouk à nous ce n'est que le début et la suite va venir» référence aux derniers mandats de dépôt à l'encontre d'hommes politiques qui étaient jusque-là très influents et dont l'un deux ne manquait jamais de susciter l'aversion et la colère populaires. Il s'agit d'Ahmed Ouyahia.?L'ex-Premier ministre a eu droit à plusieurs slogans ironiques «Mabrouk alina Ouyahia fel Harrach, c'est fini, au repas tu auras la soupe».Amel Bentolba ?Oran- (Le Soir - Malgré cette euphorie d'une première victoire populaire à travers l'incarcération des quelques anciens membres de différents gouvernements, considérés comme faisant partie de la bande du système, les manifestants se disent lucides «Dégagez tous sans exception ; nous voulons que les procès soient diffusés à la télé, le peuple est conscient de vos scénarios». Nombreux étaient les marcheurs à exiger «une justice intègre indépendante et pas une justice de vengeance et de règlements de compte».
C'est sous des cris «état civil et pas militaire», «Gouvernement illégitime dégage»? que la marche a démarré et où les marcheurs rappelaient à chaque fois qu'avec l'union et la résistance les droits seront retrouvés.
Une halte a été observée devant la bâtisse du siège de la mairie d'Oran où les manifestants ont confectionné une grande banderole «Boukhatem, le maire dégage» lui reprochant une mauvaise gestion et demandant à ce qu'il soit jugé.
Tous se disent pour le dialogue et pour une période transitoire «mais une vraie pour faire entendre la voix du peuple. Nous voulons un changement réel et profond sans la bande», n'ont-ils cessé de crier. Même si à chaque fois, il est précisé que le peuple est uni avec son armée, d'autres slogans appelant le chef d'état-major à quitter la scène sont réitérés, «Nous n'avons pas confiance en lui il est proche des Emirats. Gaïd Salah dégage». A un moment de la marche, au passage des manifestant du côté de la place des Victoires, deux individus se sont mis à crier «vive Gaïd Salah», la foule ne s'est pas faite prier et a pourchassé les deux «provocateurs» à coups de bouteilles d'eau et de cris. L'un des deux «pro Gaïd» n'a eu son salut qu'au premier fourgon de police où il s'est réfugié, l'autre avait déjà pris la poudre d'escampette. La foule ne s'est pas pour autant calmée jusqu'à ce que le fourgon où se trouvait l'homme en question ait démarré. Beaucoup ont vu en cela une flagrante provocation de la part de deux «individus louches qui jouent contre la majorité surtout lorsqu'il s'agit de slogans hostiles à Gaïd Salah», ont confié des manifestants présents. Une fois les esprits apaisés, la marche a repris pour un regroupement au niveau de la wilaya d'Oran. sur place, les manifestants ont exprimé à nouveau leur satisfaction de savoir les grands noms tant décriés derrière les barreaux mais estiment que cela ne suffit pas et que le changement est encore loin derrière. D'où la poursuite des manifestations pour exiger le déracinement de tout le système et ?uvrer pour une refondation d'un Etat respectueux des droits.
A. B.
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