Un conte populaire à la manière d’un téléfilm
La cinémathèque d’Oran a abrité, samedi après-midi, la projection en avant-première du film «Ali yeddi oua Ali ma yeddich» réalisé par Mohamed Hazourli.La salle répertoire a renoué, pour la circonstance, avec une forte assistance où l’on notera la présence du wali d’Oran, du réalisateur, du producteur exécutif, des comédiens du film et de nombreux professionnels de l’audiovisuel. Projet subventionné dans le cadre de la manifestation ‘Alger, capitale de la culture arabe 2007’, le film « Ali oua Ali yeddi oua Ali ma yeddich «, d’une durée d’une heure trente, est bâti sur une idée de Belhadi Bouhmidi (également producteur exécutif) puisée dans le patrimoine populaire. Dans une localité du sud, Ould Si Ali, un riche fellah bigame (admirablement campé par Mohamed Adjaïmi) et déjà père de deux fils qui portent le même prénom, Ali, en hommage à l’aïeul, est appelé à l’aide par Rokia (Nawal Messousa), une jeune femme qui vient d’être victime, à l’insu de tous, d’un viol commis par le jeune homme qui la convoitait et qui périra après son forfait. Le notable décidera de protéger la femme enceinte vouée au déshonneur en la prenant pour troisième épouse. De cette union naîtra un troisième fils qui portera lui aussi le même prénom que ses demi-frères. Sentant sa mort prochaine, le fellah polygame convoquera ses héritiers, devenus adultes, pour leur confier, avant son ultime soupir, une énigme : « Ali ou Ali yeddi oua Ali ma yeddich « qui taraudera leur esprit pour le restant de leur vie. La seconde partie du film retrace, après la mort du père, la quête des trois fils (interprétés par les comédiens Kamel Okeil, Ahmed El Aouni, Bouabdellah Houari) en vue de résoudre le secret légué par leur père. Ils décideront alors de rejoindre une ville voisine pour solliciter l’avis d’un éminent cadi (Azri Benkaakaa) dans une vaine tentative de décrypter le mystérieux message.
Le film de Mohamed Hazourli, tourné en une quinzaine de jours, pèchera par son inconsistance formelle, un dialogue indigent, même s’il est ponctué par endroits par des tirades en chi’r melhoun, et sa façon linéaire et très téléfilm de relater l’histoire. Pourtant tous les ingrédients pour faire un bon film étaient réunis : une merveilleuse histoire tirée du patrimoine, un superbe décor naturel de Taghit (que le public ne pourra apprécier à sa juste valeur du fait d’une projection défectueuse), une bonne distribution et une remarquable performance des comédiens (où, par son expérience, Mohamed Adjaïmi surclassera ses cadets), en plus d’une belle musique démesurément exploitée.
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Posté par : sofiane
Source : www.voix-oranie.com