Oran - A la une

Au peuple de décider



Le mauvais temps a, dans un premier temps, fait hésiter les manifestants en cette 9e marche du vendredi de la protestation populaire pacifique à Oran. Contrairement aux autres vendredis, hier, la marche a eu du mal à prendre le top-départ avec une forte mobilisation. Les présents ont dû patienter une heure de plus que d'habitude, le temps que d'autres les rejoignent pour pouvoir entamer l'habituel itinéraire. La ferveur et le son des slogans ont vite pris le dessus sur le climat pluvieux et rafraîchi, pour voir les rues envahies.Amel Bentolba - Oran (Le Soir) - Autre fait remarqué en cette 9e marche, la division entre groupes de citoyens pour plusieurs raisons.
La principale étant le contenu des slogans, qu'ils soient inscrits sur les affiches ou bien proclamés durant les marches. Si certains affichent leur total appui à l'ANP par des «djeïch chaâb khawa khawa » (armée peuple frères), d'autres refusent de s'y associer et se démarquent en s'éloignant de ces groupes. Pour eux, celui qui est à la tête de l'ANP ne représente pas le peuple, car n'ayant pas tenu parole et a maintenu les Bensalah, Bedoui et son gouvernement. C'est ainsi que face au slogan « khawa khawa », d'autres criaient « Ni Constitution ni armée, le peuple, c'est lui qui décide » et ils étaient nombreux. Les tendances politiques ont également divisé hier les marcheurs, beaucoup ont refusé que des militants et ou sympathisants du MSP (qui étaient fortement présents hier mégaphone à la main) se mêlent à eux et encore moins accepter de porter les pancartes qu'ils distribuaient.
Certains les ont même déchirées et ce n'est pas la première fois. S'en sont suivies des tensions et si ce n'était la sagesse de certains, ils allaient en venir aux mains. Face à cette situation, un jeune a pris la parole et a tenté de raisonner la foule « même si vous n'acceptez pas que certains se mêlent à vous parce que vous ne partagez pas leur vision et ou revendications, ce n'est pas une raison pour déchirer leurs pancartes, ou sinon demandez-leur de vous expliquer le contenu et vous décidez de porter l'affiche ou pas. La division ne servira pas notre cause pacifique ».
Autre slogan qui a divisé hier «Oui pour combattre la corruption non au boycott de l'élection présidentielle ». Le boycott de la prochaine présidentielle du 4 juillet est au c?ur des débats en ce moment où beaucoup y voient « un moyen pacifique de dire non au système corrompu en boycottant l'élection organisée par un gouvernement de bricolage et pas représentatif du peuple ».
Chaque vendredi, les marcheurs sont unis par une ou plusieurs revendications, celles de ce vendredi étaient précises et insistantes.
A savoir le départ de l'actuel chef de l'état Abdelkader Bensalah et le jugement de « la bande du système, il faut penser plutôt à les juger messieurs les juges au lieu de refuser d'encadrer l'élection présidentielle.
La priorité, c'est celle de les juger avant qu'ils ne fuient», ne cessaient de revendiquer les manifestants.
A. B.
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