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Au pays des «has been»



Au pays des «has been»
En Algérie pour être, il faut avoir été. C'est une assertion assez bizarre mais cela devient une réalité tangible dans nos médias. Pour avoir droit à la parole, il faut avoir été un ex-chef de gouvernement, un ex-Pdg ou un ex-ministre. Le droit de donner son avis est réservé à ceux qui ont échoué durant 50 années de l'avis général. Ainsi va la vie dans les pays des «anciens». Ils ont échoué et donc ont l'expérience de ce qu'il ne faut plus faire. Ils ont été aux affaires et donc ont le droit de porter un jugement sur tout et rien. Ils deviennent experts du présent sans avoir à rendre des comptes sur leur gestion passée. Un coup de peinture blanche et voilà les responsables de l'accumulation des «échecs» redevenus experts, spécialistes ou tout autre vocable qui leur permet de se refaire une virginité face à une opinion publique amnésique. Même les responsables du terrorisme se retrouvent habillés de la tenue qui sied le mieux en Algérie, celle de l'opposant blanc comme neige et qui ne pense qu'au bien de ses concitoyens.Au pays des «has been» (avoir été ; Ndlr), aucun bilan n'est fait sérieusement pour savoir ce qui a été réellement réalisé. Au pays des «ex», on vit au jour le jour, sans étudier le passé ni se projeter dans l'avenir. Il suffit de faire une critique négative de l'action publique pour être à la page. La gloriole de ces«ex» ne dure, en fait, que le temps de l'ignorance de son interlocuteur. Un temps qui diffère selon que l'on ait été un «ex» à l'ombre ou un «ex» qui s'assumait. Ainsi, en ce début du XXIe siècle, nous pouvons voir un nombre impressionnant de serviteurs des différents régimes qui ont sévit en Algérie se transformer en démocrates défenseurs de la liberté et de la prospérité des Algériens.Au pays de ces «ex», nous sommes encore jeunes à 50 ans. Au pays des «has been», à 30 ans, on est encore adolescent incapable de discernement et soumis à sa libido. Au pays des «anciens», un quadra est au début de sa carrière et il a beaucoup à apprendre.Eux seuls sont détenteurs de la vérité vraie comme des «prophètes» venus en ce pauvre pays nous apprendre, à l'aune de leur piètre expérience, la manière de faire pour devenir prospère, riche et démocrate capable d'accepter l'autre. Il y a de cela quelques siècles, Léonard de Vinci affirmait : «Piètre disciple qui ne dépasse pas son maître.» En clair, les «ex» doivent livrer leurs enseignements et laisser la place à l'innovation, à lajeunesse de 40 et 50 ans. Il est vrai qu'il est dur de faire son autocritique et son mea-culpa. Il est vrai qu'il est dur de se dire à la fin de sa vie : «J'ai peut être échoué». Mais comme il est agréable de se dire : «J'ai eu ma part de responsabilité, j'ai réussi des choses et raté d'autres». Il est grand temps pour ces «has been» de laisser la place à d'autres plutôt que de faire de leurs descendants des «never been !»
A. E.
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