Oran - A la une

Au Jardin méditerranéen



Au Jardin méditerranéen
Il ne fallait pas être un génie hier à Oran pour échapper au diktat qatari et suivre, en toute liberté et sans en avoir forcément les moyens, la première sortie de l'Algérie dans cette CAN gabonaise.Outre les débrouillards 2.0 qui s'étaient déjà "approvisionnés" en application pour mobile et tablette permettant de suivre en live streaming la rencontre sur différents supports numériques, les cafétérias étaient un choix logique et quasi forcé pour ceux qui ne pouvaient regarder ladite confrontation entre l'Algérie et le Zimbabwe à la maison, bien au chaud, grâce aux habituelles crédibles alternatives que constituent les démodulateurs-décodeurs de différentes marques.Mais si l'accès aux cafétérias est de coutume gratuit avant de s'attabler et de commander, hier, la simple entrée coûtait aux amateurs de football en général et supporters des Verts en particulier une "taxe" exceptionnelle de 50 DA."Je n'ai pas assez d'argent sur moi pour pouvoir payer les cinquante dinars pour l'entrée puis une boisson par mi-temps", se plaignait, sur ce point précis, un lycéen contrarié par cette nouvelle donne, rencontré à Es-Seddikia.C'est justement pour permettre à "ceux qui n'en ont pas les moyens ou qui désirent juste de vivre un moment de ferveur en groupe" que les autorités locales, sous l'impulsion de la Direction de la jeunesse et des sports, se sont chargées de placer, un peu partout à Oran, un "coin cinéma" à même de retransmettre en direct le choc entre les Fennecs et les Warriors.Bien que "stressé à l'extrême" et "sentant la pression monter au fil des minutes qui s'égrenaient et que l'heure du match approchait", le DJS, Gharbi Badreddine, nous confirmait, hier après-midi, que "tout était mis en place pour que tous les Oranais puissent suivre les matches de Coupe d'Afrique". Au café, c'est 50 DA l'entrée !"Vingt-sept points ont été mis en place sur tout le territoire de la wilaya. Comme ici, au square Cayla en plein centre-ville, sur le front de mer et à la place d'Aïn-Turck, les gens peuvent regarder cette partie. Cela est également le cas dans toutes les communes où toute une logistique a été déployée pour que le match des Verts soit retransmis sur des écrans géants dans les maisons et auberges de jeunes et les cinémas", précisait, de son côté, Toufik Bentata, cadre à la DJS, rencontré au Jardin méditerranéen qui jouxte la résidence d'Etat El-Bahia où il chapeautait avec vigueur l'opération, gardant un contact permanent avec son directeur qui, de son côté, faisait une tournée de contrôle et d'inspection à travers les différents points cités pour s'assurer que "tout marchait bien". Dans ce même Jardin méditerranéen qui surplombe la baie d'Oran et ses fameuses falaises, mitoyen du tribunal administratif d'Es-Seddikia, les éléments de la DJS luttaient contre le froid glacial pour assurer la retransmission de la rencontre dans les délais. Abandonnant rapidement l'idée d'un datashow en raison de la clarté du jour, les techniciens présents placeront, ainsi, un grand écran de 72 pouces et des enceintes sonores pour que les présents puissent suivre, avec force détails, toutes les péripéties de cette première sortie des coéquipiers de Yacine Brahimi.Et ce sont justement ces décibels qui ont attiré la majorité des présents puisqu'au coup de sifflet initial, le nombre de spectateurs ne dépassait pas la dizaine en comptant les éléments de la Sûreté nationale et de la Protection civile dépêchés sur les lieux pour des raisons évidentes. Petit à petit, même certains couples irréductibles qui avaient bravé le froid pour prendre place dans ce balcon méditerranéen ont fini par répondre positivement aux onomatopées si spécifiques au commentaire de Hafid Derradji pour s'approcher de la foule condensée d'une quarantaine d'autres personnes et prendre place, debout, face à l'écran."Les gens n'étaient, probablement, pas au courant. Mais je suis certain qu'il y aura encore plus de monde lors du deuxième match", commentera, confiant et avec le sentiment du devoir accompli, le même Bentata, qui, bien que tentant surtout de faire le lien avec ses collègues pour s'assurer de la réussite de cette "opération retransmission de la CAN", sursautait à chaque accélération de Mahrez et prenait encore plus froid à chaque action zimbabwéenne, tout comme ceux qui avaient choisi ce Jardin méditerranéen pour regarder le match. Par passion. Ou par défaut.R. B.
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