Oran - Revue de Presse

Attributions constitutionnelles



La résolution finale du congrès du RND a clairement précisé les missions pour lesquelles Ahmed Ouyahia a été nommé chef du gouvernement par le président de la République.

Il est vrai que ce n'est un secret pour personne de comprendre que le retour d'Ahmed Ouyahia à la tête de l'Exécutif est pour préparer et organiser un agenda politique cher à Bouteflika dont l'essentiel serait en principe, la révision de la Constitution et l'élection présidentielle d'avril 2009. Le secrétaire général du RND qu'il est, l'a lui-même affirmé haut et fort dans la résolution finale de son congrès. Il ne relèvera aucune faille dans tout ce que le président a entrepris en matière de décisions politiques ou de réformes économiques et sociales dans leur ensemble.

Il ne décriera même le fait, lui éradicateur, que la charte pour la paix et la réconciliation nationale a permis à des criminels d'être intégrés dans les rangs de la société sans rendre compte ni demander pardon à la Nation. Il ne remettra pas en cause les augmentations des salaires que le président de la République a dûment autorisées alors que lui demandait à ce qu'elles soient conditionnées par une croissance économique, une baisse de l'inflation, une production relancée et pourquoi pas une productivité. Il remettra par contre en cause le travail de l'équipe de son prédécesseur, sans reconnaître que c'est son propre gouvernement qu'il accable. En effet, Belkhadem aurait déjà fait remarquer dans les coulisses qu'il peut ne pas répondre de l'action du gouvernement parce que «ce sont les ministres d'Ouyahia.» Ce dernier a dû voir qu'il a retrouvé les mêmes ministres qu'il a laissés lorsqu'il a été remplacé en 2006. Il sait en outre pertinemment que la construction des infrastructures de base a été ordonnée par le chef de l'Etat lui-même.

Ouyahia ne semble pourtant pas partager les mêmes objectifs fixés pour l'économie nationale. Ainsi, estime-il que «le soutien à l'investissement n'est pas la construction des écoles, des hôpitaux ou des routes...». Dans son temps de chef de gouvernement sous Zeroual, Ouyahia a carrément interdit l'investissement sous prétexte que ce n'est pas à l'Etat d'investir mais au privé. Les conséquences d'une telle vision ont été lourdes pour au moins avoir causé la faillite et la fermeture d'un grand nombre d'entreprises publiques. Pour ce retour-là, le nouveau chef du gouvernement déclare préparer le bâton pour casser «ceux qui cassent.» Il est entendu que le gourdin des policiers et même la ceinture ont été déjà sortis pas pour empêcher les émeutiers de casser les édifices publics et autres mais pour empêcher des enseignants grévistes de monter voir son prédécesseur qui occupait encore le palais de la rue Dr Saâdane. Il a bien vu que sans lui ou avec lui comme chef du gouvernement, la répression aura toujours de beaux jours devant elle.

«Chaque chose en son temps»

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