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ATTITUDES



ATTITUDES
[email protected]/* */Acheter, acheter, acheter... Elle n'a que ce mot à la bouche. Elle se lève le matin, avale son bol de café, grignote quelques biscuits et se rend compte que le paquet est presque vide. Elle ouvre le placard et découvre qu'il ne lui reste que deux. «Je dois l'ajouter à ma liste», se dit-elle.Elle s'habille à la hâte, saute dans sa voiture et se dirige tout droit vers la ville pour écumer les grands centres commerciaux de la capitale.Elle prend un chariot et défile entre les rayons des produits alimentaires.Les sucreries sont en tête. Elle met ses lunettes et fonce droit vers les plus beaux emballages et les nouveautés. Biscuits secs, fourrés, chocolats, confitures... Les pains ne sont pas en reste. Pain de mie brioché, pain complet, au son, d'orge, etc.Les fromages : du camembert pour son fils, du chèvre pour elle et du Boursin pour sa belle-fille.Les pâtes, elle ne fait confiance qu'à celles importées. Tout comme le café, depuis qu'elle a acquis sa machine à café, il y a trois ans, elle ne jure que par les capsules.Cèté boissons, il ne faut surtout pas oublier le pack de coca-cola pour son benjamin, et les jus de fruits pour sa fille ; elle a failli omettre de lui prendre son chocolat à tartiner, ses fruits secs et ses chips.Produits d'hygiène : essuie-tout, serviettes et mouchoirs en papier, détergents de toutes sortes ; bref, rien n'est laissé au hasard. Le chariot plein à ras bord, elle quitte les lieux en jubilant, fière de sa razzia.Elle est l'opposée de sa sœur cadette, qui est ahurie par son consumérisme.Chez cette dernière, point de détergents, le vinaigre se charge de faire briller son sol et ses articles ménagers. Pas de papier, les belles serviettes en tissu de vichy font très bien l'affaire. Son garde-manger se limite à du pain qu'elle fabrique elle-même sans améliorant, ses confitures elle les prépare chez elle, sa fille en raffole.D'ailleurs, elle lui a fait découvrir la toute dernière, celle des grenades, un délice !L'eau est la seule boisson que l'on peut trouver chez elle, en sus des jus de fruits naturels de saison. Son café, elle l'achôte toujours en grains et le prépare à l'ancienne.Chez elle, il n'y a pas de micro-ondes, et pourtant elle arrive à chauffer aisément ses aliments.Elle, ses courses elle les fait chez le petit épicier du coin. Son couffin en doum contient largement ses produits. Pas de superflu, le nécessaire, sans tomber dans le misérabilisme. Des repas équilibrés, en évitant tout ce qui est industriel.Elle ne cesse de lui répéter : «Mais enfin, on se porte bien, ma fille, Dieu merci, n'a pas de maladie, moi non plus.» Et notre écumeuse de grandes surfaces de répondre : «C'est plus fort que moi, je ne peux pas voir mon réfrigérateur non achalandé, à la limite bondé. Tout comme mon placard et mon garde-manger. J'avoue que quand je viens chez toi, tu me rappelles ma grand-mère, son authenticité et sa baraka. Mais j'ai du mal à me défaire de cette fièvre acheteuse.»
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