La place sportive d'Oran l'a tellement vu souffrir un quart de siècle durant que même l'annonce de sa mort n'a (presque) surpris personne. Elle en a, toutefois, ému, touché et profondément attristé tous ceux qui l'ont connu, aimé ou étaient pris de sympathie, voire de pitié, pour le gentleman qu'il était et le téméraire soldat qu'il aura toujours été, jusqu'au dernier souffle.C'est que le tout-Oran savait le défunt Redouane Arif en souffrance depuis près de vingt-cinq ans. Même les plus jeunes supporters du Mouloudia d'Oran qui n'étaient pas encore nés lorsqu'il a été triple champion d'Algérie sous le maillot rouge et blanc (1988, 1992 et 1993) connaissaient par c?ur son histoire.
Celle d'un élégant milieu de terrain, d'un joueur de devoir et d'un coéquipier exemplaire qui a dû mettre fin à sa carrière à 31 ans seulement pour soigner une insuffisance rénale à raison de trois séances d'hémodialyse par semaine. Celui qui était passé par l'ASMO, le MCO et l'USMBA notamment gardait, toutefois, un sourire à toute épreuve et une foi inébranlable.
Souffrant en silence, dans son appartement de la cité Yaghmoracen, à Maraval, le sympathique et tellement attachant Redouane luttait avec dignité.
Les trois séances hebdomadaires d'hémodialyse l'affaiblissaient tant il en était incapable, après, d'exercer la moindre activité physique, encore moins professionnelle.
L'apport mensuel de certains de ses amis et proches, dont on citera Si Tahar Cherif El-Ouazzani, Abdelkader Benabbou (représentant de Kelme) et Kada Chafi (AS Radieuse), l'avait tenu, un certain temps, loin du besoin.
Sauf pour la prise en charge à l'étranger que tous ses anciens coéquipiers réclamaient pour lui, à sa place, sans que jamais leur appel en ch?ur trouve un écho favorable auprès des autorités locales de la ville, des présidents successifs du MCO (Djebbari, Abdelilah, Belhadj, Mehiaoui) ou encore du ministère de la Jeunesse et des Sports, à travers son représentant local, le DJS.
Il aura fallu un geste de classe du sélectionneur national, Djamel Belmadi, le 16 juin dernier, et cette visite de courtoisie à son domicile familial assortie d'une conséquente aide financière "tenue secrète" pour que son affaire (insuffisance rénale) tienne, de nouveau, le haut du pavé de l'actualité footballistique, avant de se dissoudre dans l'oubli et l'indifférence au fil des jours.
Inhumé après la prière d'Al-Asr au cimetière d'Aïn El-Beïda, accompagné à sa dernière demeure par beaucoup plus de figures du sport local que le petit cercle restreint qui s'enquérait de sa santé lorsqu'il était encore vivant, Redouane Arif laissera l'image d'un authentique footballeur, à l'abattage naturel et qui aura lutté toute sa vie, sur un terrain d'abord, puis sur son lit de malade chronique, sans jamais se départir de son sourire, reflet éternel du si grand c?ur qui était le sien.
Rachid BELARBI
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Rachid BELARBI
Source : www.liberte-algerie.com