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Après les attentats et les kidnappings



Après les attentats et les kidnappings
Aqmi a appelé au boycott des législatives du 10 mai prochain.
Dans un message audio, son 'émir' Abou Mossab Abdelouadoud, alias Abdelmalek Droukdel, s'est adressé au peuple algérien musulman, l'exhortant à s'abstenir de voter pour éviter de donner la caution de légitimité au pouvoir en place. Car, selon lui, les réformes n'apporteront pas le changement attendu. Encore moins le changement de régime comme il est advenu en Tunisie et ailleurs. Et si le 'pouvoir' a décidé des réformes, c'est par crainte et acculé et contraint par les révolutions arabes, selon le chef du groupe terroriste.
Ces réformes sont également dictées, explique l''émir' de l'ex-GSPC, par le choc encore vivace de l'expérience électorale d'il y a 20 ans. Celle gagnée par l'ex-Fis. Il préconise d'ailleurs un retour à la situation de cette période avec un affrontement entre le courant islamiste et le courant laïco-francophone. Courant qu'il désigne par hizb frança (parti de la France).
Il énumère sept raisons pour convaincre les gens de boycotter le scrutin du 10 mai. Le pouvoir n'a pas tenu des engagements quant à la véritable ouverture politique en se contentant de réformes vides. Il a refusé le changement de gouvernement ou son remaniement, laissant donc le soin à un Exécutif partisan d'organiser l'élection. Il a choisi ses concurrents, agréé des partis et pas d'autres, accepté des candidatures et refusé d'autres. Ce qui est un signe de fraude. Sa mainmise sur l'administration qui est experte en matière de fraude.
Le nombre d'électeurs gonflé pour augmenter le taux de participation, l'état d'urgence de fait malgré sa levée. L'interdiction des prêches des opposants dans les mosquées dont le discours complète celui de l'Etat. Le réservoir de voix des corps constitués qui échappe au contrôle et, enfin, le monopole sur les médias.
Le terroriste en chef semble déconnecté de la réalité puisque les corps constitués ne votent plus sur les lieux de leur présence mais par procuration. Il y a également cette confusion volontaire et cette assimilation du djihad, le sien, avec les révoltes arabes qu'il met au crédit de la mouvance islamiste qu'on n'a pourtant pas vu participer aux soulèvements. Il inscrit aussi les réformes dans une logique de satisfaction du nouveau partenaire, lui parle de tuteur, de l'Algérie, les Etats-Unis d'Amérique qui veulent
'encercler', étouffer, les victoires des moudjahidine.
L'alternative ' Droukdel va intégrer la donne 'révolution' populaire couplée au djihad pour faire aboutir le projet de l'Etat islamique en Algérie. 'Si vous demandez à ceux-là de dégager et êtes déterminés pour le changement, il faut aller vers une révolution globale, contre ce système pourri, par tous les moyens légitimes', dit-il dans son message.
Le boycott constitue une première étape avant d'aller carrément vers un mouvement populaire 'pour extraire cette tumeur cancéreuse qui fait durer vos souffrances'.
Appelant les Algériens à éviter de voter, de cautionner le régime, Droukdel considère le combat comme un devoir, 'une promesse entre leurs mains pour instaurer la justice de l'islam en Algérie', une promesse 'qui ne se réalisera que par le djihad au nom de Dieu et la révolution populaire sismique'.
Et si ce djihad a échoué en Algérie et la révolution en retard, c'est pour des raisons historiques, selon lui. C'est exactement comme l'Indépendance. L'Algérie a eu son indépendance bien après la Tunisie et le Maroc.
Un parallèle absurde. Il termine avec un conseil aux ulémas, prédicateurs et imams auxquels il demande de suivre la voie de la vérité, du droit et de la justice. Le ton un soupçon menaçant, il leur demande également d'avoir foi et de craindre Dieu.
L'appel d'Aqmi au boycott intervient bien après celui lancé par les anciens de l'ex- Fis, à l'image de Abassi Madani et d'Ali Benhadj et d'autres voix éparses nostalgiques des années 1990 dont ils ne retiennent que l'arrêt du processus électoral tout en ignorant le terrorisme qu'ils ont eux-mêmes créé.
D B.


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