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Après le «grand saut» fatal de Merah : le grand écart de la presse française International : les autres articles



Après le «grand saut» fatal de Merah : le grand écart de la presse française                                    International : les autres articles
Au tonitruant «Mission accomplie» du Figaro, sur fond d'une image plein cadre des ninjas du Raid, répond un «Zones d'ombre» de Libération, avec, en arrière-plan, le ministre de l'Intérieur et son staff.
La presse quotidienne française a fait le grand écart, hier matin, après la fin brutale de Mohamed Merah. «Zones d'ombre», c'est aussi le sentiment du quotidien communiste, L'Humanité : «Désormais, le temps des questions s'ouvre. Aucune zone d'ombre ne devra rester sur le parcours du tueur et sur son suivi par les services secrets français».
Alors que Le Parisien-Aujourd'hui en France fait dans le populaire en titrant, toujours sur photo héroïque du Raid, trop polie pour ne pas être mise en scène : «Terrorisme : comment mieux se protéger». Pour Libération, «les services de renseignement, qui surent mobiliser toute leur puissance pour une épicerie de Tarnac et des fadettes de journalistes, ont-ils lourdement failli '», s'interroge le directeur, Nicolas Demorand. «L'union nationale, proclamée et respectée, doit avoir pour corollaire la transparence totale.»
Cette transparence qui, semble-t-il, a fait défaut, comme nous l'écrivons dans El Watan depuis mardi. Dominique Quinio, du journal chrétien La Croix, estime légitime de poser des questions sur «des failles éventuelles des services de renseignement», en tempérant son propos : «Ces questions (sont) à formuler avec circonspection, car il est trop facile, a posteriori et loin du terrain, de juger de ce qu'il aurait fallu faire».
La presse régionale juge les propositions du président Sarkozy, ou plutôt du candidat à l'élection présidentielle, Sarkozy, qui intervient dans moins d'un mois : «Les mesures pénales annoncées contre la propagation et l'apologie d'idéologies extrémistes et la fréquentation des sites Internet qui véhiculent la haine de l'autre n'arrivent-elles pas bien tard '», s'interroge La Voix du Nord, alors que L'Alsace se demande comment «réparer le tissu social pour que notre jeunesse, dont celle issue de l'immigration, se sente moins exclue '».
Pour La République des Pyrénées, «des questions, multiples et complexes, de cette nature, apparaissent autrement plus appropriées. Une campagne électorale qui se respecte gagnerait à répondre à ces interrogations (') Il serait plus pertinent de se demander pourquoi l'ordre politique a été donné d'intervenir hier matin», une question que nous posions nous-mêmes dans notre édition d'hier d'El Watan Week-end.
La Provence, édité à Marseille titre «Après l'assaut la vigilance», et estime que «des questions se posent sur l'efficacité de l'enquête». L'éditorialiste du Dauphiné libéré titre «Le fantôme de Merah», craignant que «même mort, le terroriste au scooter continue de hanter les esprits jusqu'au 6 mai» (Ndlr, second tour de la présidentielle).
S'en prenant à la gauche, le rédacteur prend parti et estime que les critiques sur les failles de l'enquête du dénouement, «venant de socialistes idéologiquement fâchés avec la fermeté, la droite ne peut accepter aucune leçon». Le Figaro, désormais journal officiel du pouvoir sarkozyste, s'en donne à c'ur joie pour critiquer ce qui dépasse de la parole du grand guide, fustigeant «intellectuels, élus de gauche, du PS, sans expérience de l'ordre public, ainsi que leurs succursales associatives de défense des droits de l'homme (qui) ne perdent jamais l'occasion de crier au scandale, d'attaquer les atteintes aux libertés individuelles, d'en appeler au délit de faciès. Les mêmes qui, aujourd'hui, mettent en cause le travail des services de police et s'autorisent à chercher des failles».
Comme souvent dans les paroles trop télécommandées, une dénonciation aussi précise vaut largement quitus sur des questionnements justes et, a contrario, de ce que véhicule l'éditorialiste du journal de droite, que les interrogations légitimes ont suffisamment porté pour que les tenants de l'unicité de pensée ne s'en émeuvent.
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