Passé le mois de Ramadhan, les Algériens constatent que la hausse des prix qui a fait flamber le marché durant cette période n'avait rien de conjoncturelle comme ont prétendu les responsables publics en charge du secteur de la commercialisation. Non seulement les prix n'ont pas baissé au sortir de ce mois de Ramadhan, mais ils continuent de grimper de semaine en semaine à la consternation et au désespoir des ménagères pour lesquelles faire bouillir la marmite familiale est devenu une angoissante problématique.
Cette envolée des prix qui s'installe dans la durée justifie la teneur alarmiste du contenu du mémorandum conjoint que l'UGTA et le CNES ont adressé en juillet dernier au chef de l'Etat. A juste titre, les deux institutions ont fait valoir que la spirale inflationniste à l''uvre met en danger la stabilité sociale dans le pays et estimé qu'il y a urgence pour les pouvoirs publics d'agir sur les effets des processus inflationnistes dans un pays qui ne maîtrise pas son offre qui subit des coûts de production et l'intermédiation prohibitifs, qui n'a pas la maîtrise suffisante de ses structures de marché et de distribution et dont les moyens d'intervention économiques et sociaux sont mis à rude épreuve par la spéculation.
Dans son rapport annuel de la situation financière et monétaire du pays qu'il a présenté la semaine dernière à l'Assemblée nationale, le gouverneur de la Banque d'Algérie Mohamed Laksaci a amplifié l'alarme lancée par les deux institutions en affirmant que l'inflation dans le pays est devenue « structurelle et s'accélère » et devient un « véritable danger pour l'économie nationale » autant que pour les capacités de résistance de la « situation financière algérienne à la crise mondiale dont les effets sont encore attendus avec celle qui sévit dans la zone euro ». Pour le gouverneur de la Banque d'Algérie, trois facteurs sont à l'origine de la hausse de l'inflation dans le pays : les perturbations fréquentes au niveau des prix des produits, le monopole et la spéculation. Auxquels s'ajoute « les conséquences de la faiblesse de la diversification de l'économie nationale qui rend précaire la stabilité financière de l'Algérie ».
Si le gouverneur de la Banque d'Algérie s'est cantonné dans son rapport à faire le diagnostic des causes à l'origine de l'inflation galopante que subit le pays, l'UGTA et le CNES ont pour leur part fait des ébauches de propositions et recommandations visant d'une part à faire cesser les perturbations fréquentes au niveau des prix, à combattre la spéculation et à favoriser la relance et la diversification de la production nationale. Autant d'objectifs que le Premier ministre Abdelmalek Sellal semble vouloir viser prioritairement ainsi qu'il l'a clairement annoncé dans le plan d'action gouvernemental qu'il a présenté devant l'Assemblée nationale.
L'éradication du commerce informel énergiquement engagée par les pouvoirs publics se veut démonstration de la détermination des autorités à faire cesser l'anarchie qui règne dans le circuit commercial national et est génératrice de la spéculation effrénée aggravante du phénomène inflationniste. Mais s'en tenir à la seule éradication de l'informel et ne rien entreprendre qui relance les capacités productives nationales et développe le tissu industriel algérien équivaudrait à un coup d'épée dans l'eau. Or apparemment le pouvoir est en panne s'agissant de définir une stratégie globale en matière économique et réfractaire à l'idée d'un débat national sur la question susceptible de lui en fournir une qui pourrait être revêtue du sceau de la consensualité qui ne serait pas un mince atout quand il s'agira de la mettre en 'uvre.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Kharroubi Habib
Source : www.lequotidien-oran.com