Oran - Revue de Presse

Après l’incarcération des 20 harraga interceptés mercredi dernier



Les parents demandent la libération de leurs enfants Les deux groupes de 20 harraga qui ont été interceptés, hier, par un navire des forces navales, sont tous originaires de la Corniche oranaise. Se targuant d’être à l’origine de la harga par la mer, les jeunes de la Corniche contraints au chômage et au désespoir seront probablement plusieurs à vouloir tenter la traversée, ces mois de «El Calma».Le premier groupe est composé de 12 harraga dont 11 sont originaires de la commune d’El Ançor. Ils ont été ramenés par les éléments de la brigade de la Gendarmerie de la commune, mercredi soir. La population a observé spontanément un rassemblement devant la brigade. Les femmes en pleurs, portant des vêtements chauds, des casse-croûte, des cigarettes, attendaient devant la porte de la brigade afin d’être autorisées à voir leurs enfants. Parmi la foule, une mère pleure son fils qui s’était marié quelques mois auparavant: «J’ai marié mon fils pour qu’il ne tente pas la traversée vers l’Espagne. Mais il n’y a rien dans ce pays. Ils sont étrangers chez eux». D’autres femmes tonneront que leurs enfants sont contraints au chômage et à la misère, alors que d’autres sont dorlotés par l’argent du trésor public. Pour calmer les esprits, le P/APC a été appelé pour contenir la population qui continue à affluer. Le 1er responsable de l’APC a ramené de quoi manger aux harraga, car il était le seul habilité à pouvoir entrer, selon un gendarme. Après sa sortie, le maire rassura la foule que tous les jeunes sont sains et saufs. Certains ont scandé des slogans exhortant la libération des «détenus de la misère». Dans cette optique, le bureau local de l’Union Nationale des Jeunes Algériens a adressé une correspondance au wali d’Oran, le sollicitant d’intervenir pour libérer ces harraga, victimes de l’oisiveté et du chômage. Les parents ont déclaré qu’ils s’organiseront en comité pour faire valoir leur demande. Selon tous les jeunes qu’on a approchés, leurs demandes postulées dans le cadre de l’ENSEJ ou l’ANGEM ont été, en majorité, aplanies sans raisons plausibles, réclament-ils. Les opportunités d’emploi sont également rares, voire inexistantes. Il faut savoir que ce groupe n’est pas le seul à vouloir partir; ils sont plusieurs à s’apprêter à tenter la traversée. Le groupe des onze harraga qui a réussi la traversée, il y a quelques semaines, a été le stimulus pour les jeunes de la Corniche. Les autres harraga de Bousfer et d’Aïn El-Turck ont été également reconduits aux brigades de gendarmerie de leur circonscription. A Aïn El-Turck, neuf jeunes ont pris la mer au même moment que nos deux groupes, mais arrivés à environ 80 kilomètres au large, le moteur a commencé à vibrer bizarrement et à consommer beaucoup d’essence. Ils ont préféré, alors, rebrousser le chemin. Un jeune du groupe dira:»Nous avons fait plus de 160 kilomètres en aller-retour, soit la distance séparant nos côtes de celles de la Sierra Nevada. Enfin, il fallait être prudent. Nous y arriverons la prochaine fois» La prochaine fois, ils seront probablement des dizaines de groupes à prendre la mer. Les 20 harraga seront présentés aujourd’hui devant le procureur près le tribunal de Aïn El-Turck, apprend-on. Benachour Mohamed
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