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Aourag Mohand



Aourag Mohand
Le doyen des artisans-boulangers à Oran s'appelle Aourag Mohand. Il a 82 ans, et il a une vie des plus riches en aventures. Il faut savoir qu'avant le déclenchement de la guerre de Libération nationale, il était déjà boulanger chez Didouche Mourad, à Alger.«J'ai appris ce métier chez lui.» Toutefois, en 1955, sa carrière de confectionneur de pain a été interrompu pour cause de révolution : il lui fallait rejoindre le maquis, alors que Didouche Mourad, lui, a rejoint la wilaya une. «Moi j'étais dans la Wilaya III, avec Kadda, M'hidi Larbi, Abane Ramdane, Krim Belkacem, Mouhamdi Saïd, Amirouch, Abdelrahmine Mira, j'étais présent avant le Congrès de la Soummam, jusqu'à ce qu'on tombe dans une embuscade entre Tazmalt et Boujlil, où un des nôtres a été blessé.» Plus tard, le 6 mars 1959 en chemin pour Tunis, il dut subir un autre accrochage, alors qu'il était accompagné d'Amirouche et de Si El Haoues.Amirouche y laissa sa vie, et Si El Haoues également. Quant à lui, il a été emprisonné, ainsi que le secrétaire général de la Wilaya III. Il ne fut libéré qu'à la veille de l'indépendance algérienne, le 25 juin 1962. Après l'indépendance du pays, il a été nommé responsable de la Région 5 (Bordj Bou Arréridj), et coordinateur du parti de 1962 à 1963. Il était également maire de la commune de Mansourah, où il a finalement décidé, en 1964, de démissionner.De retour à Alger, il a été nommé à la Cour suprême, mais là encore, au bout de quelque temps, il a déposé sa démission, et a décidé de prendre ses bagages pour s'installer à Oran. Le métier d'artisan-boulanger lui manquait, aussi, c'est tout naturellement qu'il décida de retourner à ses fourneaux. «A Oran, j'ai ouvert une boulangerie à la rue Philipe, ensuite au marché de la Bastille, où je suis resté pendant 20 ans. Aujourd'hui, je suis retraité, et ce sont mes enfants qui ont pris le relais.»Ce qui l'a poussé à opter pour le métier de boulanger, nous dit-il, est qu'il n'avait pas grand choix : «Quand je suis sorti de l'école avec le diplôme scolaire, il n'était pas de tout repos pour poursuivre ses études, ou bénéficier d'une formation.» Aussi, on lui a conseillé d'aller continuer ses études à Tunis, chose qui était au-dessus de ses moyens.«Le métier de boulanger est donc venu naturellement.» Aujourd'hui, il demande à l'Etat d'ouvrir plus de centres d'apprentissages pour cette catégorie de travailleurs. «Il faut vraiment apprendre aux jeunes comment façonner le pain, et l'amour de ce métier, sinon, si la profession continue dans cette perdition, bientôt, nous allons importer du pain de l'Espagne.»
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