Près de 40 000 islamistes Ansar charia s'apprêtent à envahir aujourd'hui dimanche la ville de Kairouan pour organiser leur 3e congrès. En face, des milliers d'éléments de forces de sécurité sont mobilisés pour empêcher ce rassemblement, interdit par le ministère de l'Intérieur. Les Tunisiens retiennent leur souffle, craignant un face à face ensanglanté.
Avant le jour «j», des habitants de la ville de Kairouan ont préféré quitter la ville pour s'installer chez des parents ou des proches résidant dans des régions lointaines. Les islamistes ont même défié les autorités du pays, refusant de déposer au préalable l'autorisation de se réunir. «Nous n'avons pas besoin d'autorisation, nous ne dépendons de personne. S'il y a une quelconque demande à faire, c'est à «Allah» que nous nous adressons», a déclaré, l'un des chefs islamiste à une station de télévision. Depuis le refus de la tenue de leur congrès, les islamistes ont appelé leurs fans à défier les autorités et à se réunir à Kairouan. Le porte-parole d'Ansar charia Seifeddine Raïs a également mis en garde le pouvoir contre «toute intervention de la police pour empêcher» le rassemblement. Le gouvernement sera «responsable de toute goutte de sang qui sera versée», a-t-il prévenu. Le mouvement n'a «pas besoin d'autorisation pour prêcher la parole d'Allah, a-t-il conclu. De son côté, le gouvernement a décidé d'interdir ce rassemblement en raison d'une violation de la loi et de la menace qu'il représente pour la sécurité et l'ordre public», a indiqué le ministère de l'Intérieur. «Toute tentative d'agression contre les forces de l'ordre ou d'attaque contre les postes de police sera sévèrement réprimée» a indiqué un communiqué du ministère de l'Intérieur. Le ministre avait indiqué qu'aucune demande d'autorisation n'avait été présentée par Ansar charia, le principal groupe salafiste djihadiste du pays, ce dernier ne reconnaissant pas l'autorité de l'Etat. «Tous ceux qui défieront l'autorité de l'Etat et de ses institutions, qui tenteront de semer le chaos, qui inciteront à la violence et à la haine en endosseront toute la responsabilité», a averti le ministère. Même lors du 1er et 2e congrès aucune demande n'a été déposée et les regroupements ont eu lieu sans que les autorités du pays ne s'interposent. Cette fois-ci, le 3e congrès des islamistes intervient au moment où le pays connaît une recrudescence du terrorisme, ce qui a contraint le gouvernement d'interdire ce rassemblement des intégristes. Cet état de fait n'a pas été apprécié par les islamistes qui ont décidé de maintenir leur rassemblement et de se préparer à affronter les forces de l'ordre. Pour l'heure, les dirigeants islamistes multiplient leurs recommandations et leurs messages pour leurs partisans, via leur page Facebook, leur réclamant d'être nombreux «Takthir Assawad», d'être ordonnés et disciplinés, d'être munis de leurs papiers d'identité, de s'approvisionner du magasin de l'organisation pour la soutenir financièrement, de garder les lieux propres, etc. Elle leur demande, également, de ne pas céder à la provocation et surtout de ne pas s'adresser à la presse qui doit être orientée vers le bureau de communication. Ansar charia a, aussi, diffusé sur sa page Facebook une vidéo de ses préparatifs. On y voit des personnes, portant le qamis et la barbe, gonflant un grand portail en plastique puis l'essuyant. D'autres s'activent à préparer les gilets oranger des organisateurs ainsi que des banderoles, des drapeaux et des décorations. Les forces de l'ordre ont déjà commencé à s'installer dans les entrées et sortie de la ville de Kairouan. Les fouilles des entreprises ont permis l'arrestation d'un islamiste armé. Le ministère de l'Intérieur a publié un communiqué dans lequel il confirme l'arrestation par la brigade anti-terroriste d'un individu appartenant à la mouvance islamiste extrémiste en possession de deux pistolets de marques Makaraov et Skarov, d'une arme individuelle de type Sable démontée, et de 120 cartouches. Les unités d'intervention ont de même trouvé des documents qui détaillent les méthodes de démonter les armes et fabriquer des explosifs. Interrogé, le suspect a avoué avoir eu l'intention de cibler des agents de sécurité, les postes de police, leurs véhicules ainsi que les postes de l'armée nationale. Seule une éventuelle «marche en arrière» de l'une des parties, éviterait un face à face, susceptible d'être sanglant.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Moncef Rédha
Source : www.lnr-dz.com