
Dans ce salon, qui avait la surface d'un terrain de handball, tout était beau. Huit seddariates sculptées côtoyaient un salon «Louis quelque chose». En face, un coin bar où brillait une collection de verres en cristal, dernier design, ferait des envieux. Il fallait se déchausser pour aller s'installer sur les fauteuils en skaï rouge vif. Des lustres pendaient noyant les chandeliers du 18e siècle. La Joconde accrochée à un mur, dans son cadre tout doré, ne comprenait rien à ce qui se passait. L'image de l'enfant qui pleure, sous lequel une khamsa brillait de tous ses éclats, la faisait sourire. La bibliothèque s'imposait avec son argenterie où se bousculaient services à café, thermos de toutes tailles et bibelots. Sur une table tout en verre, fatiguée de porter le magnétoscope et l'appareil téléphonique, le téléviseur semblait s'ennuyer. La grosse chaîne hi-fi où s'égosillaient les violons de Strauss nous proposait le «Danube bleu» au moment où deux mouches valsaient sur cette bûche de Noël qui s'étirait dans un plateau d'argent.- Koul ya si Otchimine un peu de pâtisserie.- Non, fiya mard essoukar.Il était invité à fêter Noël chez Hadj Mourkanti.Les cloches de l'horloge, se frayant un chemin entre deux moments de musique, indiquaient vingt-deux heures. Il commençait à avoir sommeil, au moment où la maîtresse de maison arrive pour déposer une meïda toute ronde et installer tout autour des peaux de mouton. Elle disparaît pour revenir avec un grand plateau de couscous. Sa fille en robe de soirée l'aidait à mettre le couvert, des cuillères et un grand pot de lbène.- Cool Otchimine, koul.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : El Guellil
Source : www.lequotidien-oran.com