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Amara Benyounès



Amara Benyounès
Pour Amara Benyounès, dans les cinq prochaines années, l'Algérie sera à l'abri d'une grande crise économique mais cela dépendra, dit-il, des réformes profondes qui doivent être entreprises de même qu'une diversification de l'économie nationale. Si ces deux éléments ne sont pas réunis, «nous entrerons de plein fouet dans une crise dangereuse pour l'économie de l'Algérie», prévient-il.Amel Bentolba - Oran (Le Soir) - C'est lors d'une cérémonie d'inauguration du siège de son parti MPA à Oran qui a eu lieu ce jeudi, qu'Amara Benyounès a abordé la question de la situation sécuritaire en Libye, en rappelant la position de l'Algérie concernant ce dossier : refuser toute solution militaire privilégiant le politique. «Nous avons vu l'intervention de l'Otan qui a bombardé durant des semaines cette région, qui a tué Kadhafi et plongé la Libye dans un chaos indescriptible. Grâce aux efforts de l'Algérie nous sommes proches d'un processus politique.»Revenant sur les déclarations du Premier ministre qui a parlé d'un plan économique 2016-2019 à partir du mois d'avril, l'ancien ministre du Commerce estime qu'il est tout à fait normal de s'adapter à la nouvelle situation économique à laquelle le gouvernement fait face. «Moi si j'étais au gouvernement j'aurais défendu cette thèse qu'il faut s'adapter. On va attendre les premières réflexions du Premier ministre par rapport à ce plan d'action qui sera proposé au mois d'avril prochain, quant à l'emprunt obligataire, c'est-à-dire intérieur c'est lui qui est pour l'instant favorisé. On va donc solliciter l'épargne des Algériens, là encore attendons son lancement et son bilan d'ici la fin de l'année.»Amara Benyounès, en sa qualité d'ancien ministre d'Etat, a-t-il des regrets quant à des décisions prises durant son mandat, à l'exemple de sa position concernant la réglementation du commerce des boissons alcoolisées qui avait suscité beaucoup de réaction en sa défaveur. A cette question d'un journaliste, il répond avec autant de conviction qu'à l'époque des faits «nul n'est épargné par des erreurs mais concernant cette affaire précisément, non, j'avais raison, je réagis en tant que ministre et non qu'imam, je n'ai pas à entrer dans les détails du halal et du haram ou de lancer des fetwas, je suis dans la réflexion sur ce qui est légal et illégal. Les boissons alcoolisées ont existé avant, pendant et après mon départ. Qu'ils les retirent alors du marché ! Ils veulent me coller sur le dos cet alcool '! En tant qu'Algériens, nous consommons 200 millions de litres de boissons alcoolisées, c'est moi qui les bois tout seul '!». C'est une question commerciale qui concerne des milliards d'argent qui sont dans l'informel, dit-il. «Légale à la vente mais non soumise aux règles commerciales '!», s'offusque-t-il.Revenant sur la nécessité d'entamer de profondes réformes économiques, il explique que cela ne veut pas dire aller vers l'austérité et à l'appauvrissement de la population. «Ça veut dire aller vers l'amélioration des capacités de production du pays, aller vers une plus grande croissance économique, tout le monde s'accorde à dire qu'il faut améliorer le climat des affaires dans le pays, que le foncier industriel est problématique, tout le monde s'accorde à dire que le financement de l'économie par les banques publiques pose problème, qu'on a un déficit en ressources humaines, que l'informel est un vrai cancer pour l'économie nationale”? Ce sont tous ces problèmes-là qui nécessitent des réformes structurelles à apporter à l'économie nationale et nous sommes très très loin pour aller vers le Fonds monétaire international pour un plan d'ajustement structurel», rassure-t-il.


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