Ils, ce sont nos religieux dont l'érudition collerait de près aux problèmes qui agitent la société et qui reprennent du poil de la bête à chaque fois que le système, embarrassé par une question d'importance vitale, en sollicite l'expertise. Parce qu'il y a plus d'une vingtaine d'années, au moins depuis l'arrivée au pouvoir de Bouteflika et de zaouïas à sa solde, que les choses ont empiré.Des corporations religieuses sollicitées pour contrer le moindre pet de lapin et qu'aucune autorité, petite ou grande, n'aurait osé snober au risque de déplaire à l'adepte inconditionnel qu'était l'ex-président déchu qui aurait bien besoin aujourd'hui de leur accompagnement.
Nous voilà presque sommés d'exprimer notre reconnaissance au ministère des Affaires religieuses pour la grande générosité dont il a fait montre en nous rassurant sur le caractère licite du vaccin anti-Covid. On voudrait s'incliner devant son immense mansuétude que l'on ne saurait pas y faire. À l'allure où nous allons, il faudra bientôt attendre que nos gestes ou le moindre de nos pas soient bénis par les Affaires religieuses avant de faire quoi que ce soit. On lui a trouvé une mission qui justifie que lui soit réservé tout un budget pour lui faire consulter les étoiles ou le croissant avant d'entamer la moindre démarche. On pourrait en rire et laisser passer, mais il est là le danger.
Depuis trop longtemps, les choses importantes sont soumises à l'approbation d'imams dont on ignore tout du parcours théologique et de la maîtrise des textes coraniques. On pourrait, en somme, avoir plein de rêves dans la tête et ne rien en faire, ne pas les réaliser si un imam ne les bénit pas ! Il y a un tas de départements qui sont de véritables gouffres financiers.
Pas le ministère des Affaires religieuses et pas celui des Anciens moudjahidine. Ils veillent tous les deux sur des domaines supra-importants ! L'un gère nos croyances, nos acquiescements ou nos troubles métaphysiques, et l'autre notre mémoire, notre histoire.
L'une et l'autre se seraient entremêlées avec ferveur. La mauvaise foi aura toujours milité en faveur d'un combat libérateur mené pour faire triompher l'islam d'abord, la démocratie après.
M. B.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Malika Boussouf
Source : www.lesoirdalgerie.com