Oran - A la une

ALI BENFLIS :



ALI BENFLIS :
«Est-ce qu'il y a du pilotage automatique '! Mais que se passe-t-il en Algérie, hier rouge, puis demain bleu puis on change à nouveau '! Je ne comprends pas !» Ainsi ironisait ce jeudi Ali Benflis, président du parti Talaà? El Houriate, à partir d'Oran, concernant les différentes mesures de sortie de la crise économique engagées par les différents gouvernements qui se sont relayés. Et de s'étonner de la contradiction entre les deux derniers gouvernements : «Pendant que l'un a préconisé la séparation de l'argent et de la politique, son successeur est venu appliquer tout le contraire.»Amel Bentolba - Oran (Le Soir) - En abordant la crise économique et financière en Algérie, face à laquelle les différents gouvernements qui se sont succédé ont proposé chacun à son tour des solutions dont la plupart n'ont jamais rendu compte ni fonctionné, dira le président de Talaà? El Houriate, il énumère par la suite les différentes solutions avortées : «Il y a eu l'emprunt obligataire, puis s'en est suivi ce qu'ils ont appelé le nouveau modèle de croissance économique, puis plus rien de nouveau. Ensuite vint un autre gouvernement qui a appelé à séparer l'argent de la politique, il n'a pas tenu quatre mois et fut remplacé et la crise n'a toujours pas disparu. Son successeur est venu prèner tout son contraire et veut justement joindre l'argent à la politique.» Il n'omettra pas d'évoquer la dernière solution à la crise économique qui consiste en la planche à billets. «Quand on veut imprimer de la monnaie en plus de la monnaie dont on dispose il faut qu'il y est à côté du développement, de la croissance, de nouveaux revenus”? Mais imprimer sans contrepartie, la victime sera le pauvre avec la baisse du pouvoir d'achat.»
Pour Ali Benflis, il y a un réel problème de légitimité en Algérie qui se pose et qu'il va falloir régler en allant vers une Algérie nouvelle qui vit une modernité politique. Il faut, dit-il, des élections à tous les niveaux, légitimes, réglementaires, sans recours, mais l'Algérie d'aujourd'hui est loin de ces caractéristiques, se désole-t-il. Pour l'intervenant, un Etat démocratique se construit sur un pilier qui jouit d'une souveraineté sans faille. «Avec une seule et intégrale citoyenneté, pas comme on le voit aujourd'hui avec deux citoyennetés, l'une qui a la bénédiction du dirigeant qui leur accorde une supra-citoyenneté et le peuple qui est privé de ses droits civil et politique se voit réserver l'infra-citoyenneté.» Pour Ali Benflis il n'est pas question pour son parti de tomber dans le piège des insultes des uns et des autres. En faisant allusion au discours politique qui est relayé durant cette campagne électorale. «Notre programme est tiré de la déclaration de Novembre pour une Algérie démocratique et sociale où l'Algérien est libre, respecté, une Algérie où règnent la justice et l'équilibre entre le peuple.» Et de se demander où est la logique que face aux 1 000 milliards dépensés par l'Etat, l'on compte en ces 17 dernières années, près de 800 000 Algériens qui ont fui le pays. «Ne collez pas cela sur le dos de la main de l'étranger ça n'a rien à voir. Ils ont fui car n'ayant rien trouvé ici dans leur pays qui leur assure un avenir stable.»
En s'adressant à ses candidats, Ali Benflis ne veut pas qu'ils se fassent des illusions quant aux résultats. «Faites votre campagne, allez vers le peuple, mais ne vous attendez pas à des miracles à l'issue du scrutin. Un corrompu reste un corrompu.» Il clôture son discours avec une conviction que la crise algérienne ne se résoudra pas avec l'opposition à elle seule, ou bien les syndicats, encore moins avec les personnalités nationales à elles seules, ou bien la société civile, il faut dit-il, que «toutes ces entités se réunissent avec le pouvoir en place avec qui nous sommes en désaccord mais avec lequel nous devons dialoguer pour sortir le pays de la crise».
Votre commentaire s'affichera sur cette page après validation par l'administrateur.
Ceci n'est en aucun cas un formulaire à l'adresse du sujet évoqué,
mais juste un espace d'opinion et d'échange d'idées dans le respect.
Nom & prénom
email : *
Ville *
Pays : *
Profession :
Message : *
(Les champs * sont obligatores)