Après douze jours de grève des postiers, le retard accumulé dans le versement des salaires et autres pensions, suscite la colère des clients, au point que certains parmi eux ont voulu protester, hier, devant le siège de la wilaya à Tiaret.
En effet, avec ses dix agences disséminées à travers la seule ville de Tiaret, Algérie Poste a manifestement beaucoup de mal à rattraper douze jours de débrayage, et se retrouve confrontée à des chaînes interminables de citoyens impatients, comme c'est le cas au point postal «Djillali Benamara», près de la maison de la presse. «Avec le versement simultané des pensions des moudjahidines et celles de la CASNOS, nous allons travailler plusieurs jours pour espérer résorber le retard de treize jours» reconnaît un guichetier à l'agence postale de «Volani», au sud de la ville de Tiaret. A Oran, la situation a commencé à se rétablir progressivement, même si certains citoyens se sont plaints hier d'une tension qui persiste dans certains bureaux de poste. Au bureau Saint Charles, le plus important actuellement à Oran, après la fermeture de la Grande poste pour travaux, l'engouement observé ces deux derniers jours a diminué, et la situation est redevenue normale dans l'après-midi. Selon le directeur d'Algérie poste à Oran, M.Elagag, la situation a été rétablie grâce aux efforts déployés par le personnel, pour régler tous les fonctionnaires qui doivent passer par le CCP pour encaisser leurs paies. Pour la journée d'hier, 1,5 milliard de dinars ont été débloqués, afin de régler tout le monde et tous les bureaux de poste fonctionnent actuellement à leur rythme habituel après deux journées de tension, et spécialement le premier jour de la reprise ». Habituellement, la poste débloque 700 millions de dinars par jour pour les paiements par CCP, soit l'équivalent de 300.000 à 500.000 opérations par jour. Un montant qui a considérablement augmenté après les dix jours de grève, puisque le retard s'est répercuté sur tous les fonctionnaires qui perçoivent leurs salaires par CCP.
Dans une déclaration rendue publique ce lundi 14 janvier, le syndicat d'entreprise d'Algérie Poste tente de ramener le conflit, qui a pris en otage plus de 2 millions de clients, à une guerre syndico-syndicale interne à AP. Mourad Benjedi, SG du syndicat d'entreprise d'AP qui s'en prend directement au président du SNAP, présente ce dernier comme «l'instigateur principal de la grève». L'UGTA «n'a pas tenté de briser la grève» est-il encore souligné dans la déclaration du syndicat d'entreprise d'Algérie Poste, et que les travailleurs «commenceront à ressentir les effets de l'accord, entériné par le Conseil d'administration d'Algérie Poste le 07 janvier 2013, avant le 20 février» selon M. Mourad Bendjedi.
La déclaration d'AP, signée des mains de ce dernier, se dresse contre les «man'uvres en coulisses» visant à faire partir le DG d'Algérie Poste. Ce dernier, qui «partira sans doute un jour, non sous la pression, mais sur son évaluation par l'autorité qui l'a désigné» est-il encore souligné dans la déclaration du syndicat, avec cette volonté «de faire du client, celui qui nous assure nos salaires, notre préoccupation première» conclut le partenaire social d'Algérie Poste.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Mokhtaria Bensaâd Et El Houari Dilmi
Source : www.lequotidien-oran.com