La fuite organisée vers la presse étrangère au sujet de la valorisation de Djezzy à 6,5 milliards de dollars a fait des vagues à Alger. Débourser autant de devises pour acquérir 51 % du capital de OTA détenue majoritairement par le russo-norvigien Vimpelcom est loin de faire l'unanimité au sein de la classe politique. Certaines formations invitent le gouvernement à faire preuve de pragmatisme économique alors que d'autres plaident pour la nationalisation de Djezzy.
Les dernières informations évaluant l'opérateur de téléphonie mobile Djezzy à 6.5 milliards de dollars ont suscité des réactions contrastées au sein de la classe politique algérienne. Le FLN, selon son chargé de communication, Kassa Aissi, se fie entièrement au jugement du gouvernement dans la résolution de cette affaire. « Il appartient au gouvernement de prendre les décisions qu'il faut pour préserver les intérêts économique du pays », a déclaré Kassa Aissi, aujourd'hui jeudi à Maghreb Emergent. Miloud Chorfi, porte parole du RND, quant à lui, a plaidé son ignorance dans le domaine : « Je ne suis pas très au faits des questions économique ». Miloud Chorfi, ne veut, semble t'il, pas marcher sur les plates bandes d'Ahmed Ouyahia, SG du RND et néanmoins premier ministre qui avait fait de Djezzy une « histoire d'honneur ».
Le Mouvement de la société pour la paix (MSP), d'obédience islamiste, fait preuve de plus de pragmatisme. « C'est une question commerciale et économique et non pas une affaire de recouvrement de la souveraineté comme certaines parties veulent la présenter », explique Nida Kamal, chargé de communication et des affaires politiques au sein du MSP. « L'Etat doit faire des calculs économiques, déterminer les avantages et les inconvénients pour savoir si il va gagner ou perdre en déboursant des milliards de dollars pour acquérir Djezzy », ajoute-t-il. Le chargé de communication du MSP, a estimé, en outre, que l'Etat fera mieux d'investir son argent dans l'opérateur public Mobilis.
Le PT veut nationaliser Djezzy et ArcelorMittal
Du coté du Parti des travailleurs PT, on est, sans surprise, adepte de la même logique que celle qui prévalait dans les années 70. « L'Etat doit nationaliser Djezzy et ArcelorMittal », soutien Taazibt Ramdane, député et membre du bureau politique du PT. Le dirigeant du parti des travailleurs a qualifié ces deux entreprises de « voyous » en parlant de leur implication dans des affaires d'évasion fiscale et de transfert illégal des devises.
Moussa Touati, le président du Front national algérien (FNA), considère, pour sa part, que le « problème Djezzy » est le résultat de la gestion « opaque » des affaires économiques du pays. « Il faut remonter au passé (2001) et enquêter sur les condition dans lesquels on a décidé d'octroyer la licence GSM à Djezzy. » Le président du FNA, ne veut pas proposer des sorties au gouvernement. Il veut juste qu'on « demande des comptes » aux responsables qui avaient « favorisé » Djezzy au lancement de la téléphonie mobile.
Le député indépendant Ali Brahimi a constaté, quant à lui, que l'acquisition de Djezzy ne répond pas à des impératifs économiques mais plutôt à des « considérations politiques ». La situation de crise dans laquelle se trouve le gouvernement et OTA est le résultat de « l'instabilité de l'humeur politique en Algérie », a conclu le député de Bouira.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Farouk Djouadi
Source : www.maghrebemergent.info