Co-développement
C'est déjà un acquis. La visite de François Hollande sera sanctionnée par la signature de l'accord entre le constructeur français Renault et la SNVI pour le montage à Oran de véhicules particuliers à la marque au losange. Une information confirmée par le Premier ministre Abdelmalek Sellal dans un entretien accordé à France 3. En d'autres termes, dans deux à trois ans, les premières voitures algériennes sortiront de l'usine d'Oran et seront commercialisées sur le marché algérien. Un signe que le cap est mis sur le partenariat industriel gagnant-gagnant, au détriment des contrats commerciaux.
Mais il ne faut pas se leurrer. La perception reste ancrée chez nombre d'opérateurs et d'officiels français que l'Algérie reste surtout un marché. Cette croyance est favorisée par la structure de notre économie, essentiellement tertiaire, et notre forte dépendance à l'égard des importations. L'état des lieux des relations économiques bilatérales montre que dans plusieurs filières, l'Algérie n'est pas prête à des partenariats gagnants. En l'occurrence, notre industrie reste peu intégrée. Nous avons besoin d'énormément d'équipements, de semi-produits et de biens de consommation : produits alimentaires, médicaments, véhicules et tant de prestations de services. Là où l'offre française est bien placée sur le marché algérien. Donc pour avoir une relation économique équilibrée, il reste un long chemin à faire côté algérien. Plus nous avancerons dans l'émergence d'une économie de substitution aux hydrocarbures, plus nous mûrirons dans notre relation avec la seconde puissance économique de l'Union européenne. Côté contexte, l'état de la France aujourd'hui exprime une asymétrie dans les relations entre les deux pays. Fortement endetté, en quête désespérée de croissance, l'Hexagone a besoin aujourd'hui de tirer sa croissance par une expansion de ses exportations sur les marchés émergents et pré-émergents. Là ou l'Algérie affiche d'énormes excédents financiers, une dette insignifiante et une croissance économique bien supérieure.
La parade est bien le concept de colocalisation que veut partager le gouvernement français avec ses partenaires du Sud. Un courant d'exportation maintenu ou développé (vente d'équipements) au profit de l'Hexagone et création d'emplois et de richesses à travers l'implantation d'un site industriel en partenariat dans le pays d'accueil de l'investissement à l'avantage par exemple de l'Algérie.
Mais cette logique sera-t-elle poussée vers le concept de véritable co-développement. La France fera-t-elle le pas de contribuer à l'intégration de l'industrie algérienne par la fabrication sur place d'équipements, de semi-produits et de pièces détachées ' Les usines de montage de véhicules Renault et de tramways en Algérie, mises en service dans deux à trois ans semblent montrer l'exemple. Ira-t-on, en un mot, jusqu'à la fabrication de machines sur place '
Là, également, il ne faut pas croire qu'un pays, fût-il la France, puisse développer le pays. C'est à l'Algérie de prendre son destin en main, de faire valoir ses atouts et d'exiger une intégration des productions locales en échange d'un accès pérenne au marché algérien, à l'instar des précédents sud-coréen et chinois.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Khaled R
Source : www.liberte-algerie.com