
Deux ouvrages viennent d'être publiés rappelant les liens forts de l'Algérie avec l'Espagne, historiquement parlant?.L'Algérie et l'Espagne maintiennent des liens très étroits depuis plusieurs années : les deux ?uvres que l'ambassade d'Espagne et l'Institut Cervantès ont publiées tout au long de l'année 2016 sont le reflet d'une histoire commune et d'un patrimoine partagé. D'une part, la traduction à l'arabe de Don Quichotte, de Miguel de Cervantès, écrivain universel, qui fait partie d'une certaine manière de l'histoire de ce pays, vu qu'il y a passé 5 années comme captif, une période qui l'a profondément marqué et qui a eu un impact sur son ?uvre postérieure. D'autre part, Les forteresses d'Oran, texte composé d'une vingtaine de cartes cédées par le Centre géographique de l'armée espagnole, qui ont constitué l'exposition «Cartographie des forteresses d'Oran», qui a été montrée à Oran et à Alger tout au long de l'année dernière.Les forteresses d'Oran en sont la preuve patente? ' L'impact sur la langue parlée?.'Sans doute. Le livre présente les forteresses qui, aux alentours de la ville d'Oran, constituent l'un des ensembles de l'architecture militaire le plus important et une référence obligée pour la connaissance de l'architecture ou de l'ingénierie militaire. Avec ce livre, nous avons voulu contribuer à la large bibliographie sur les forteresses d'Oran, qui contient deux articles spécialisés des professeurs Juan Carrillo de Albornoz y Galbeño, colonel de génie, licencié en histoire et professeur émérite de l'Académie d'ingénieurs de l'armée espagnole, et un autre, par Mohamed Amine Khelifa, professeur au département d'espagnol de l'université Oran 2, Mohamed Ben Ahmed. Ce sont deux voix autorisées des deux rives du bassin méditerranéen, qui utilisent une langue, l'espagnol qui, d'une certaine manière, continue d'être présent dans la ville d'Oran. La proximité géographique est la première justification de la présence de l'espagnol dans la région d'Oran. Mais aussi les raisons historiques que nous connaissons tous et bien sûr des raisons de type démographique et même politique.Dans tous les cas, l'espagnol est resté dans le parler d'Oran dans des expressions quotidiennes liées à la pêche, la culture de la terre, le quotidien dans les rues, les foyers et c'est la raison pour laquelle il est resté mélangé avec l'arabe algérien notamment au niveau du lexique (vocabulaire) et il en fut ainsi sûrement pour les ressemblances de prononciations (phonologiques) entre la langue vernaculaire et l'espagnol. Il existe des études qui analysent les spécificités des transferts de la langue espagnole au parler local et toutes coïncident dans le fait que la cohabitation entre les Oranais et les émigrés venus depuis la Péninsule a favorisé et maintenu une certaine présence de l'espagnol dans la région d'Oran.L'exposition et la publication de la cartographie des forteresses d'Oran sont-elles une vulgarisation de l'histoire commune 'L'ensemble architectonique des forteresses d'Oran fait partie d'un patrimoine commun qui a été construit pendant plusieurs années et qui veut se mettre en valeur, non seulement dans le contexte de la préservation et la conservation du patrimoine culturel, mais aussi en vue de faire connaître une histoire commune. L'exposition «Cartographie des forteresses d'Oran» et la publication du livre vont dans le sens de contribuer à cet objectif conjoint de resserrer les liens entre les deux pays sur la base d'un passé qui nous unit.Le 400e anniversaire de la mort de Cervantès souligne encore un autre lien et un legs forts et historiques entre l'Algérie et l'Espagne 'Il est indubitable que la figure de Miguel de Cervantès a constitué un lien entre les deux pays, et la célébration du 400e anniversaire de sa mort durant l'année 2016 a été une occasion magnifique pour rappeler et analyser cette relation. Dans ce sens, durant le mois d'octobre de l'année dernière, dans le cadre de cette commémoration, la Bibliothèque nationale d'Alger a abrité un colloque international sur Cervantès, inauguré par le ministre de la Culture algérien et le secrétaire d'Etat à la Culture espagnol, qui a servi à faire un examen sur la mesure dans laquelle le passage de Cervantès par Alger a été transcendantal pour sa vie et son ?uvre postérieure, qui a eu un impact fondamental dans ses textes, comme on peut l'apprécier dans son ?uvre principale, Don Quichotte. Ce lien s'est vu renforcé à travers cette célébration et pour cela, je voudrais remercier les autorités algériennes, en général, et le ministère de la Culture, en particulier, pour tout l'appui qu'ils nous ont donné pour le déroulement de cette manifestation culturelle, qui signifie beaucoup pour les deux pays.La nouvelle traduction de Don Quichotte en langue arabe est une autre évidence que Cervantès est très célèbre dans le monde arabe, au Maghreb et surtout en Algérie ' Il existe des traductions du El Quijote en arabe depuis le XIX siècle. Il y a quatre traductions principales réalisées au XXe siècle et au début du XXIe siècle, dont les traducteurs proviennent du monde académique et universitaire. La traduction à l'arabe qui a été utilisée est celle de Suleiman El Attar, professeur au département d'espagnol de l'université du Caire, qui présente deux caractéristiques principales : la traduction est complète et non une version résumée et la traduction est littéraire, non littérale. Cette traduction a reçu à Doha le 2e prix Cheikh Hamed 2016 de Traduction et entente internationale.Dans tous les cas, il s'agit d'une nouvelle édition «algérienne», qui contient deux articles relatifs au contexte historique et vital dans lequel est écrit El Quijote. Dans ces articles, on a examiné dans quelle mesure Alger constitue une partie fondamentale dans la vie et l'?uvre de Cervantes. Emilio Sola, professeur d'histoire contemporaine à l'université d'Alcalá de Henares, et Chakib Benafri, professeur du département de langues modernes de l'université d'Alger, sont les auteurs de ces deux livres.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : K Smail
Source : www.elwatan.com