Oran

Aïn Témouchent Les fellahs endettés réclament un rééchelonnement



Plus d'une centaine (135 selon les organisateurs) de fellahs de la région témouchentoise ont répondu présents à l'appel de leur secrétaire général de l'UNPA de la wilaya de Aïn Témouchent, à une assemblée générale qui s'est tenue, ce dimanche, au siège de l'union de wilaya. A l'ordre du jour, la question qui préoccupe ces jours-ci les fellahs, particulièrement les viticulteurs, à savoir les retombées de la dette contractée auprès des banques. Les fellahs, venus de plusieurs communes (22 selon les organisateurs), avaient reçu récemment la visite d'un huissier leur sommant de se mettre, dans un délai prescrit, à jour vis-à-vis de leur bailleur, autrement ils se verront saisis de leurs biens mobiliers ou immobiliers. Dans la salle, l'inquiétude était visible sur tous les visages, au point où certains semblaient n'avoir même pas le souffle suffisant pour parler. Ceux qui n'avaient pas la langue dans leur poche ont dénoncé les agissements de certains responsables, à qui ils reprochent de les avoir lâchés dans les moments les plus difficiles. Certains ont affirmé que, ruinés, ils ont été obligés d'arrêter la scolarisation de leurs enfants. «Comment et avec quoi nous pouvions payer alors que nous-mêmes nous n'avons pas été payés par nos acheteurs», dira un fellah venu de Aghlal. Il sera relayé par un autre de Hammam Bouhadjar: «L'autre jour, alors que le wali avait mis en demeure la société de transformation (le caviste) pour nous régler, nous sommes restés plus d'une semaine à attendre chaque jour devant l'entrée de la société, pour recevoir finalement que la moitié de notre payement, certains ont même eu à peine des miettes». Un fellah de Sidi Safi, certainement intéressé par le PPDR (programme du développement rural), voulait en savoir plus sur le sujet, personne n'était capable de lui répondre. Le débat a duré plus d'une heure et les interventions de fellahs, exposant leur situation, furent de plus en plus bouleversantes. Consultés, à la fin de la séance, sur une requête pour le rééchelonnement de leurs dettes, les fellahs se sont prononcés, à l'unanimité, favorables à la question. Car, exprime un fellah, assis à nos côtés, personne n'est peut être en mesure aujourd'hui de rembourser, du fait que ni les uns ni les autres n'ont été totalement payés de leurs productions vendues aux transformateurs de la région, via leur coopérative. Les fellahs endettés demandent aussi, à travers les colonnes d'une lettre adressée au plus haut niveau de la hiérarchie, une retouche, ou carrément le gel, des poursuites judiciaires engagées à leur encontre en attendant des jours meilleurs. Dans le même courant, les fellahs souhaitent, et expliquent, qu'il serait plus rationnel de ne pas se hâter dans une telle procédure et d'accorder à tous les fellahs plus de temps pour qu'ils puissent s'exprimer dans un avenir proche, d'autant qu'on leur a parlé d'une possible subvention. Ces fellahs, rappelons-le, ont connu des jours noirs en raison d'un marché mondial saturé et des programmes d'arrachage de vigne, mis en route un peu partout dans le monde et plus particulièrement en Europe. Ailleurs, conclut le même voisin, les viticulteurs touchés par cette crise avaient été tous soutenus par leurs gouvernements. Pour rappel, près de 500 fellahs de la région témouchentoise ont été récemment saisis par des huissiers de justice à la demande des CRMA qui veulent recouvrer leurs créances impayées des dettes des fellahs, estimées à environ 40 milliards de centimes et datant depuis 2001 selon les mêmes sources, concernant les crédits alloués aux agriculteurs au titre du programme du PNDA financé dans le cadre du FNDRA. Des dettes liées aux travaux, aux plantations viticoles, aux équipements d'irrigation et de matériel. Les fellahs convertis en viticulteurs, par le biais d'un programme lancé de 2001 à 2005, représentant le plus grand nombre des endettés.
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