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Aïn Témouchent



Aïn Témouchent
Amir saghir, le spectacle adapté de Le Petit Prince, d'Antoine de Saint-Exupéry, vient d'être victime d'une censure de fait à Témouchent, en raison d'une subvention sollicitée auprès de l'Institut français en Algérie (IFA ex-CCF), laquelle allocation n'a d'ailleurs même pas été accordée. Cet exemple traduit un autre aspect de la problématique du financement de l'activité théâtrale dans notre pays.Quels sont les faits ' L'association Khadra, basée à Sidi Ben Adda, sur la base de l'expérience, en est venue à la certitude que son action en faveur de la protection de l'environnement serait vaine si elle n'était pas soutenue par une autre promouvant le changement des mentalités et des comportements. «L'idée de monter une pièce de théâtre nous est venue d'Agnès Besson, une Française native du village, comédienne de formation et dont le père était un militant actif de l'indépendance nationale.Le choix s'est alors porté sur Le Petit Prince parce que la pièce traite de l'environnement naturel et social à travers le regard interrogateur d'un enfant de 10 ans», explique Abdelkader Benfodda, le trésorier adjoint de Khadra. Le spectacle voit le jour (El Watan du 27 décembre 2016). Il est en français pour des raisons objectives, l'adaptatrice et metteur en scène ne maîtrise que sa langue maternelle. Une version en arabe est projetée dans une seconde phase, avec pour seule distribution des enfants.Amir saghir est donnée en représentation dans l'espace exigu de l'association. Il faut qu'il passe ailleurs et quel meilleur cadre que celui de la Maison de la culture de Témouchent ' L'accord est obtenu de ses responsables, mais deux jours après, contre-ordre. Il faut passer par la direction de wilaya de la réglementation (DRAL) pour obtenir l'autorisation comme si Khadra organisait un meeting ! Pourquoi déplacer la gestion d'une activité culturelle de son cadre naturel vers celui de l'intérieur 'La DRAL oppose un niet à la demande, renvoyant Khadra vers le ministère de l'Intérieur. Pas moins. Pourquoi ' Parce que, espionite aiguë oblige, il lui est reproché une demande de financement formulée auprès de l'IFA. «Or, il n'y a pas eu de financement, mais même s'il l'avait été, il est tout ce qu'il y a de plus légal puisqu'il est prévu dans un document cadre de partenariat (2013-2017), signé par les gouvernements algérien et français en décembre 2012 au profit de microprojets associatifs», relève notre interlocuteur. En effet, nombre d'associations en Algérie en ont bénéficié sans que cela pose problème.Des artistes témouchentois sollicités ont préféré s'exprimer sous le sceau de l'anonymat pour ne pas risquer un retour de manivelle : «Il est impensable qu'à un moment où on dit qu'il n'y a pas d'argent et que les institutions culturelles végètent, on continue à crier à «la main de l'étranger» dès qu'une association prend attache avec des associations ou des troupes étrangères ou encore avec une ambassade. C'est vrai qu'il faut être vigilant, mais sans interdire systématiquement !» Joint par téléphone, Makhlouf Boukrouh, ex-directeur du TNA, assure : «Au théâtre, je témoigne que nous étions plus libres sous le régime du parti unique !Qu'on laisse les gens travailler, la seule chose à laquelle il faut veiller, c'est la sécurité de l'Etat. Mais tout de même, ce n'est pas une association qui veut présenter son spectacle qui peut représenter un tel danger». Sur les réseaux sociaux, nombre d'artistes ont relevé l'incongruité du festival arabe devant se tenir en janvier à Oran et Mostaganem. Or, ce n'est pas l'Algérie, mais un Etat étranger qui l'organise sans interférence algérienne, alors que son partenaire algérien n'est qu'un prestataire de services.
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