Les manifestants protestent contre ce qu'ils qualifient de «Hogra et de discrimination à l'embauche».
Des centaines de jeunes de Hai Es Salam (ex Phoénix), sise dans la localité de Ain El Bya ont bloqués, hier, pour la énième fois, la route nationale n°11 reliant Oran à Mostaganem et l'accès aux Camps de Sonatrach par toutes sortes d'obstacles et quelques pneus brûlés. Les manifestants protestent contre ce qu'ils qualifient de «Hogra et de discrimination». En effet, les habitant de Ain El Bya, en grande majorité habitant du camp Phoenix crient leur raz le bol et tentent d'attirer l'attention des pouvoirs publics sur les conditions «d'internement», selon l'expression d'un jeune dans lesquelles ils «survivent». Ces mouvements de protestation semblent s'inscrire dans la durée.
En effet, ces contestations interviennent après les mouvements du début du mois de février et ceux du mois de janvier. Sans travail car victimes de discrimination à l'embauche, sans commodités ni structures de prise en charge, l'état des routes est déplorable, l'isolement est insoutenable nous dira un citoyen contacté par téléphone. Hier, en début d'après midi, la route était encore bloquée par les services de sécurité pour éviter aux automobilistes et aux usagers de la RN11 de se faire caillassés par des jets de pierres ou tout autre projectiles des jeunes en colère. En tout état de cause, des sources crédibles font état du déplacement sur place d'émissaires et de responsables de wilaya pour parler et dissuader les protestataires à renoncer à leur mouvement et contenir leur colère. Des promesses de prise en charge de leurs revendications auraient été faites selon les mêmes sources.
Contestations récurrentes
Pour rappel, au début du mois de février, les habitants du camp 5 et les travailleurs du camp 6 ont été empêchés de vaquer à leurs occupations par un mouvement de citoyens qui entendent dénoncer les discriminations auxquelles ils sont confrontés notamment dans le recrutement. Selon eux, «les sociétés étrangères recrutent même pour des postes sans aucune qualification des étrangers venus d'Egypte, de Turquie, d'Indonésie, etc.'. alors que les autochtones sont des laissés pour compte.»
Les jeunes réclament leur droit au travail au niveau de la zone industrielle de Bethioua. «Notre localité fait partie de la plus riche Daira d'Algérie, et nous vivons dans l'exclusion, ce n'est pas que le travail qui nous manque à Phoenix, nous manquons de tout», lancera un des protestataires. Phoenix est dépourvu de réseaux d'assainissement, d'évacuation des eaux pluviales et l'eau potable n'y est pas desservie au quotidien, la défectuosité du réseau étant la cause. «Les routes sont dans un état lamentable et l'éclairage public fait défaut, ras le bol de cet abandon da la part des responsables de la commune de Ain El Bya, les élus mais aussi la Daira qui dispose pourtant de milliards de D.A de quoi faire de notre localité un lieu où il fait simplement bon vivre... on ne demande pas le paradis sur terre !», dira un autre manifestant.
Et de poursuivre: «c'est la première fois que je participe à cette manifestation pacifique. J'adhère à la cause de mes voisins et amis qui ont raison de manifester leur colère, ils voient défilés des étrangers pour travailler dans la zone industrielle dont ils ne récoltent que l'asphyxie». La goutte qui a fait déborder le vas est que la nouvelle usine d'Amoniac a recruté des man'uvres et des jardiniers d'autres communes et wilayates. «On nous dit que nous n'avons pas de qualifications, mais voilà que des postes ne nécessitant pas de qualifications profitent à d'autres privilégiés», a expliqué un jeune, qui dira être diplômé dans la soudure. En fin de matinée d'hier un groupe de représentants des manifestants a été reçu par la direction d'aval sonatrach. De leurs côté, les responsables de l'APC de Ain El Bya diront que «le problème les dépasse, que la commune n'a pas autorité sur SONATRACH».
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : S B Hafida B
Source : www.elwatan.com