Les entrées et sorties est du chef-lieu de la wilaya de Aïn Defla sont bloquées, depuis dimanche matin, par des groupes de manifestants qui réclament moins d'opacité et plus de justice de la part des commissions chargées de désigner les bénéficiaires de logements sociaux.Pour donner plus de poids à leurs revendications, les manifestants ont dressé des barrages à l'aide d'objets hétéroclites au niveau de la RN 4, coupé la voie ferrée Alger-Oran, ? bien que les cheminots sont en grève et qu'aucun train ne circule ? pendant qu'un autre groupe, plus important en nombre assiège, lui, le siège de la daïra, protégé par un important dispositif de sécurité. Il en est de même pour le CW reliant Aïn Defla à la commune de Djelida en passant par la localité des Feghaïlia sur lequel la circulation dans les deux sens est interrompue.
De ce fait, l'accès à Aïn Defla, côté est, est devenu un vrai parcours du combattant pour les usagers de la route qui doivent effectuer de nombreux détours que ne connaissent que les habitués.
Un camion venu de l'est du pays a dû passer la nuit près d'un de ces barrages, gardés par des hommes et des femmes et qui n'ont pas dormi depuis déjà 24 h.
Pour connaître les raisons de leur mécontentement, nous sommes allés à la rencontre de ces manifestants.
Très déterminés, les contestataires disent d'emblée «nous ne lèverons pas nos barrages quoi qu'il arrive et tant que nos doléances ne seront pas prises en charge».
Selon leurs dires, les listes des bénéficiaires sont établies par des commissions plus que douteuses et remettent en cause des attributions de logements à des personnes qui n'y ouvrent pas droit, ou qui ne sont même pas résidants de la wilaya !
Cependant, tous nos interlocuteurs reconnaissent que la dernière liste de 707 bénéficiaires de logements était très correcte dans la mesure où il s'agissait de personnes méritantes. Seule fausse note, l'omission du cas de ce citoyen, dit «Ammi Nacer» qui occupe avec sa famille un taudis tout près de la voie ferrée.
Entre autres griefs, les contestataires notent, par ailleurs, une discordance entre le chiffre de 1 200 logements attribués et le nombre de 850 qui ont été réellement affectés à leurs bénéficiaires «Où sont donc passés les 350 autres
logements '», s'interrogent-ils.
Les contestataires exhibent alors des documents attestant du dépôt de leurs dossiers, certains depuis 2016 et identifient sur l'avant-dernière liste des attributions dont les dossiers n'ont été déposés que l'année dernière. A ce sujet, des voix s'élèvent pour clamer «le chef de daïra et nombre de responsables sont des corrompus et des traîtres à l'égard de l'équité et de la justice.»
Après avoir quitté les contestataires, nous nous sommes rendus au niveau de la daïra assiégée par une foule importante, et ce, dans l'espoir d'obtenir la version du chef de la daïra. Mais là, nous avons échoué car la foule était en ébullition et nous avons dû rebrousser chemin n'ayant pu obtenir une entrevue avec le responsable administratif, président de la commission d'attribution des logements sociaux, malgré l'aide des policiers qui ont tenté de nous permettre d'entrer dans le bâtiment administratif.
Avant de quitter les lieux, les contestataires ont clamé «nous nelèverons nos barrages que lorsqu'un haut responsable prenne la peine de venir nous écouter».
On a appris que les manifestants n'ont reçu que la visite des éléments de la Gendarmerie qui ont tenté de les convaincre de lever ces barrages qui portent préjudice à d'autres citoyens.
Karim O.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Karim O
Source : www.lesoirdalgerie.com