De notre correspondant à Oran Samir Ould Ali
Le délai de cinq ans accordé par les pouvoirs publics aux propriétaires pour la mise en conformité des constructions et leur achèvement, selon ce que stipule la loi 08/15 du 20 juillet 2008, arrive à son terme en juillet prochain et seulement «30% des objectifs» ont été atteints sur l'ensemble du parc immobilier des 26 communes et 09 daïras de la wilaya d'Oran, selon des sources proches de la Direction de l'urbanisme et de la construction d'Oran (Duch) : «Nous n'avons pas de bilan chiffré mais il est évident que l'opération est loin de répondre aux objectifs que l'Etat s'était fixé en promulguant cette loi», estime un cadre de l'urbanisme en pointant du doigt un certain nombre de facteurs dont le manque de ressources humaines nécessaires à la concrétisation de l'opération, la confusion qui a marqué la démarche depuis le départ, le manque d'empressement des citoyens mais aussi et surtout la démission et le désistement dont les daïras et les communes se sont rendues coupables depuis l'avènement de la loi 08/15 : «Ce sont les collectivités locales qui doivent réceptionner les dossiers et sensibiliser les citoyens à la nécessité de régulariser les dossiers de construction et se mettre en règle avec les lois de l'urbanisme», affirme-t-on encore à la même direction où l'on déplore ce manque d'implication. Il est même arrivé qu'une daïra refusât de prendre en charge des dossiers parce qu'il était question de constructions sans actes :
«Ce qui n'est pas normal puisque la loi 08/15 prévoit aussi ce cas de figure tout comme elle prend en considération les constructions sans permis ou les constructions non conformes aux plans'. Le but ultime est de régulariser toutes les constructions antérieures à 2008», rappelle-t-on encore. Il y a trois années déjà, le responsable de la communication de la Duch d'Oran (service manifestement supprimé) avait déjà relevé l'indifférence des Collectivités locales et dénoncé le fait que la grande majorité des mairies n'avaient pas mis à la disposition des futurs déclarants le registre spécial sur lequel les déclarations devaient être consignées : «Par la faute de ces communes, beaucoup de citoyens sont désemparés et ne savent plus à quelle instance s'adresser», avaient-ils regretté. Cela, malgré les multiples campagnes de sensibilisation organisées à leur adresse, notamment dans le but très improbable de rattraper le retard perdu.
Cette situation- où la confusion le dispute à l'indifférence- a conduit de nombreux citoyens désireux de se mettre en règle avec les lois à abandonner en cours de route : «Trop de documents et pas suffisamment d'informations fiables», expliquent-ils en souhaitant que les pouvoirs publics prennent des mesures d'allègement des dossiers à fournir et revoient l'ensemble des procédures mises en place pour le traitement des dossiers.
En attendant cet assainissement qui s'annonce complexe et laborieux, les nouvelles cités réalisées ou en cours de construction continuent de côtoyer des centaines de carcasses hideuses et des constructions inachevées- notamment pour cause de cherté des matériaux de construction- que leurs propriétaires ont préféré mettre en vente'
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : S O A
Source : www.latribune-online.com