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Abderrahmane Berrouane évoque l'histoire du Malg



Le fondateur de ce qui est considéré comme l'ancêtre des services secrets algériens, en l'occurrence Abdelhafid Boussouf, dit Si Mabrouk, a disparu. Comme d'autres, il a emporté une grande histoire, au détail près, de la Guerre de libération nationale. Ce sont là deux constats dressés par un digne fils de « la boîte », Abderrahmane Berrouane, lors d'une rencontre autour de la version arabe de son livre, parue aux éditions Anep. « Le Malg : l'histoire complète, témoignage d'un compagnon du leader Abdelhafid Boussouf » fut au centre d'un débat animé, samedi dernier, à la librairie Chaïb Dzaïr de l'éditeur public, à Alger.Au début de son intervention, il a sommairement évoqué le contexte qui a vu la naissance des services de transmissions et du renseignement. Les initiateurs, selon lui, furent « les deux colonels, Larbi Ben M'hidi - alors chef de la zone de l'Oranie - et son bras droit, Boussouf, lors d'une réunion entre les officiers de l'ALN de la région. » « Le but était alors de coordonner les relations entre les différentes zones du pays », a-t-il ajouté. Abderrahmane Berrouane, connu par son nom de guerre de Safar, est ensuite longuement revenu sur l'organisation dirigée de main de maître par « Si Mabrouk. » « Pour assurer la gestion d'un centre des transmissions qu'il voulait aussi redoutable que les armes classiques, il mobilisa, par le truchement de Mohamed Seddik Benyahia, Khemisti et Lalliam, plusieurs jeunes dont des étudiants, aussi bien en Algérie qu'à l'étranger », a-t-il affirmé. Ils formeront, dira-t-il, « le noyau, la première promotion des transmissions composée de 21 personnes. »L'auteur, qui en a fait partie, a expliqué que celle-ci « fut mise sur pied, après une formation de plus d'un mois à la maîtrise du matériel des télécommunications (Le morse notamment), sous l'aile d'Abderrahmane Lahouatli. » Avec cette équipe qui comptait de fervents combattants, dont Abdelkader Bouzid dit, Abou Al Fath, Mohamed Bentellis alias Si Moussa, Ali Telligi alis Omar, Abdelkrim Hassani alias El Ghouti...Boussouf créa un centre de transmission dans une grande ferme près de la frontière, sur le sol marocain tout près des frontières algériennes. « Il disposait alors dans cette nouvelle structure du matériel nécessaire, avec l'acquisition d'une soixantaine poste-émetteurs ANGRC9 utilisés par l'Otan, grâce à la débrouillardise d'Abdelkader Chengriha qui s'est déplacé jusqu'en Allemagne pour leur acquisition », a raconté Berrouane. Ce dernier a évoqué également Messaoud Zeghar, dit « Rachid Casa », dont l'apport au soutien logistique (les stations de radio de diffusions) du Malg a été fondamental. Pour Abderrahmane Berrouane, le centre de transmission d'écoute et de radio, grâce à la mobilisation de ses hommes et au génie de son patron, Boussouf, a donné une nouvelle dynamique au combat libérateur.Grâce à la radio, l'opinion publique algérienne fut sensibilisée davantage et son nationalisme fut fortifié par les exploits de l'ALN. « Nous avons réussi à mettre la main sur pratiquement toutes les communications des officiers de l'armée française dans la région de l'Oranie, à leur insu. Cela nous a permis d'avoir une idée sur la structuration et la mobilisation de leurs forces sur le terrain », a indiqué l'auteur chargé de la direction de la vigilance et du contre renseignement.Il a enfin rappelé l'étonnement et l'admiration face à une telle maîtrise technique de dirigeants de la révolution, notamment Abane Ramdane, Sâad Dahleb et Franz Fanon. Il a conclu en soulignant que le centre de transmission, puis le Malg, né avec la constitution du GPRA, ont formé 12 promotions, sous l'égide du commandant Omar.


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