Oran - Revue de Presse

Abdelkader Malki, secrétaire national de l’UGTA, à la Voix de l’Oranie



Dures sont les négociations avec les SGP Dans l’entretien qu’il nous a accordé, le secrétaire national de l’UGTA chargé des relations publiques dit être optimiste quant à la reprise des négociations entre les fédérations de l’UGTA et les SGP. Il nous confie aussi que la ren-contre qui a regroupé, mer-credi après-midi, le ministre du Travail et celui de la Participation avec le secrétaire général de l’UGTA était une occasion pour analyser les causes de l’échec des négociations sur les conventions de branches entre quatre fédérations et les sociétés de gestion des participations. M. Malki annonce dans cet entretien un programme très chargé qui sera clôturé par un tête-à-tête Gouvernement-UGTA et qui se terminera probablement en symbiose, c’est-à-dire par des augmentations des salaires et la signature des conventions. La Voix de l’Oranie : L’UGTA a finalement rencontré les représentants du gouvernement. Peut-on en connaître le contenu des discussions ? Abdelkader Malki : Comme l’avait indiqué le ministre du Travail, la semaine dernière, l’UGTA a participé à la rencontre, débloquant ainsi la situation pour que les négociations et le dialogue se poursuivent entre le syndicat -et ses fédérations-, le gouvernement représenté par le ministère du Travail et celui des Participations ainsi que les SGP, mais également plus tard le patronat. C’est évidemment le statut général de la Fonction publique et le dossier des salaires qui constitueront les principaux points inscrits à l’ordre du jour de la réunion devant regrouper les membres du secrétariat national de l’UGTA, le ministre du Travail et de la Sécurité sociale, Tayeb Louh, et le directeur général de la Fonction publique. - Cette rencontre a-t-elle d’autres objectifs? - En fait, la rencontre, qui a regroupé mercredi le ministre du Travail et celui de la Participation avec le secrétaire général de l’UGTA était aussi une occasion pour analyser les causes de l’échec des négociations sur les conventions de branches entre quatre fédérations et les sociétés de gestion des participations. Je dois préciser ici que la rencontre avait été demandée par le secrétaire général de l’UGTA qui, conformément aux accords avec le gouvernement, a déclaré la semaine dernière qu’en cas de blocage des négociations, il aura recours à l’arbitrage de l’Exécutif, dont le chef a chargé le ministre du Travail d’être l’interlocuteur du partenaire social. - Et croyez-vous encore qu’il sera nécessaire de recourir à cet arbitrage? - J’espère que les négociations entre les fédérations et les SGP seront à même de désamorcer la situation, aplanir des problèmes et trouver des échéanciers pour solutionner d’autres, sans que l’UGTA ait besoin de demander cet arbitrage. Vous comprendrez que dans le cas contraire, nous n’aurons pas le choix. Et puis cela fait partie un peu de la règle du jeu. - Estimez-vous alors que l’optimisme reprend sa place du côté des fédérations? - Je veux bien que cela soit le cas. Toujours est-il, je vous informe que la Centrale syndicale réunit cet après-midi (hier, ndlr) les fédérations, notamment les plus concernées par le problème, pour en discuter, en présence du secrétaire général. Cette réunion des fédérations a aussi pour objectif de préparer la rencontre de demain (aujourd’hui, ndlr) entre les fédérations et les SGP. - En somme, l’UGTA va «briefer» ses fédérations... - Tout à fait car il est plus que nécessaire que les fédérations défendent, avec intelligence, leurs revendications et l’UGTA tient à ce que les négociations aboutissent. C’est en fin de compte l’intérêt du travailleur qui est en jeu. - Accepteriez-vous, Monsieur Malki, de donner aux lecteurs de La voix de l’Oranie, le contenu des consignes que recevront les fédérations? - Je veux rappeler que l’actualisation des conventions de branches a été engagée après l’accord signé entre l’ex-chef du gouvernement et les deux partenaires concernés, l’UGTA et les SGP. Selon le calendrier de ces négociations, arrêté conjointement par la direction nationale de l’UGTA et la chefferie du gouvernement, les conclusions des négociations et les propositions devaient être finalisées la fin du mois dernier. Faute de quoi, les fédérations du secteur économique devaient remettre les copies de leurs rapports concernant l’application des dernières recommandations issues de la rencontre de l’UGTA avec les SGP du mois de mai dernier, avant le 31 août. La seule contrainte qui s’est manifestée est, a priori, «l’augmentation des salaires». Les fédérations ont ainsi, déjà, un document à défendre. - Mais n’y a-t-il pas risque de voir cette rencontre exploser, notamment après ce qui s’est passé la semaine dernière? - Là, vous faites allusion à la réunion d’évaluation tenue au début de la semaine dernière, en présence du secrétaire général de l’UGTA, quand les responsables des fédérations ont dénoncé unanimement le «mépris de certaines SGP», voire leur allergie à chaque fois que la question des augmentations des salaires est évoquée. Je crois que la situation a été débloquée depuis. Vous le savez bien, les négociations entre les représentants syndicaux des fédérations du secteur public économique et ceux des Sociétés de gestion de l’Etat (SGP) étaient à l’arrêt total, ce qui n’est pas le cas depuis la rencontre de la semaine dernière.   - Il est également question d’une rencontre, prochainement, entre l’UGTA et le gouvernement... - En effet, la date a été même fixée au 18 septembre, une fois que les fédérations et les SGP auront discuté de la situation. Notre objectif est de trouver une solution aux travailleurs. Je vous rappelle que les négociations ont été rompues entre les parties concernées suite à un désaccord né de l’approche que fait l’un et l’autre des protagonistes de la question salariale. Après quoi, les rapports d’évaluation des négociations entamées le 1er juillet dernier n’ont pas été remis aux responsables concernés, alors qu’au niveau de certains groupes de travail le statu quo durait depuis bien avant. Parfois, les négociations ont été rompues suite à un différend né autour de l’aspect salarial et indemnitaire. Quelquefois, les responsables de la SGP, en charge du dossier, ont rejeté les propositions faites par les représentants des travailleurs, arguant que la négociation salariale doit tenir compte de paramètres bien définis par la tutelle... C’est un peu tout cela qu’on discutera avec la volonté de trouver des accords. - Y a-t-il un volet que nous n’aurions pas abordé? - Je voudrais attirer l’attention sur le fait que certaines entreprises rencontrent un énorme déficit pour satisfaire le volet des salaires. Or les accords sur les augmentations des salaires des travailleurs du secteur public économique seront signés prochainement dans le cadre de la tripartite pour être mis en application dès la rentrée. Une bipartite UGTA-patronat est aussi envisagée pour examiner les modalités de mise en œuvre des décisions d’augmentation des salaires pour lesquelles le patronat a déjà donné son accord de principe. A l’UGTA, nous restons optimistes quant aux décisions que prendra la tripartite en direction de tous les secteurs d’activité et saluons le Président Bouteflika d’avoir levé les obstacles en soulignant son accord «non seulement au principe de l’augmentation des salaires, mais également à l’importance d’une revalorisation de la grille des salaires des travailleurs des secteurs économiques public et privé». Entretien réalisé par Idir Dahmani
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