
« Celui qui ne met pas à profit les quelques jours qui précédent l'Aïd pour s'enrichir ne pourra jamais le faire après ». C'est la philosophie des marchands d'occasion qui fourmillent aujourd'hui autour des marchés populaires et des points réservés à la vente du mouton. Il en est de même de quelques commerçants qui changent de métier du jour au lendemain, tel ce marchand de tissus qui a fermé boutique pour vendre du mouton, cet autre marchand de lait et dérivés qui s'est mis à vendre, à côté du fromage, du beurre et du yaourt toute la panoplie d'instruments servant à l'égorgement du mouton et à la découpe de sa carcasse : couteaux, coutelas, hachettes, broches, barbecues, cordelettes, etc. Il règne ces derniers jours dans les marchés une anarchie indescriptible faisant que n'importe qui peut vendre n'importe quoi.Cette anarchie s'est répercutée sur les prix des légumes, en attendant celle des fruits qui ne va pas tarder à se produire, comme nous l'ont garanti des marchands au marché Boumezzou. Ces augmentations vertigineuses n'ont touché, pour le moment, que les légumes qui entrent traditionnellement dans la préparation des repas de l'Aïd, telles que les courgettes dont la présence est indispensable pour garnir le couscous qu'on mange au second jour de la fête avec ce plat typique de la « Osbana » fabriqué à base d'intestins et de boyaux et cuit dans une poche de la panse de l'animal sacrifié. Ainsi que les légumes d'accompagnement que sont la salade et, accessoirement, la tomate. Pour les courgettes, le prix a plus que doublé passant de 120 à 250 dinars le kilo au marché des Frères Bettou. « Elles ont été vendues à 230 dinars le kilo hier au marché de gros », assure le marchand de légumes à qui nous avons demandé l'explication de cette brusque flambée qui a touché plus particulièrement cette plante potagère pourtant cultivée abondamment dans la région de Constantine. « Ce légume connaît une pénurie sur les marchés parce que les quantités qui avaient été mises en vente ont été raflées auparavant, et à l'ancien prix, par les ménagères qui ont appris maintenant à le congeler en prévision justement de ce repas de l'Aïd. Ce faisant, la loi de l'offre et de la demande a joué », nous a-t-il expliqué. Il complétera l'explication en nous confiant sous le sceau de la confidence que « les chargements qui viennent des régions productrices sont interceptés » à partir de 1h 30 du matin à proximité de la ville et sont détournés par les spéculateurs. C'est pratiquement la même explication que d'autres marchands de légumes nous ont fournie à propos de la salade dont le prix a grimpé de 80 à 200 dinars, les haricots secs à écosser dont le prix est passé de 140 dinars la semaine passée à 280 dinars au marché Bettou. La seule satisfaction dans cette atmosphère frénétique des achats précédant la fête sont les prix de quelques produits de base qui n'ont pas, ou peu, bougé. Il en est ainsi de la pomme de terre qui stationne encore à 60 dinars le kilo, l'oignon aussi dont le prix ne dépasse pas les 75 dinars le kilo. La tomate bien rouge fait exception et connaît une légère augmentation passant de 80 à 110 dinars au même marché des Frères Bettou (de second choix, elle est à 750 dinars au marché Boumezzou). Mais, il faut se l'avouer à la fin, ce vent de folie qui s'est emparé des consommateurs est bien à l'origine de la flambée des prix.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : A Mallem
Source : www.lequotidien-oran.com