«Je supporte difficilement les espacements des rendez-vous des cures devant être prodiguées aux malades», a indiqué un médecin exerçant dans le centre des cancéreux d'El Hassi dans la wilaya d'Oran. Sur sa lancée, il n'a pas hésité à dénoncer «la défection du scanner de traçabilité dudit établissement obligeant ainsi les patients à recourir aux services privés». L'appareil vise les cellules cancéreuses à traiter à l'aide de la radiothérapie. Près d'une semaine avant ces déclarations, le Dr Fahim a établi un constat de carence du matériel. Devant les journalistes, il a déploré l'existence d'appareils défectueux. Il a aussi annoncé le décès d'un enfant âgé à peine de 4 ans. Le décès a eu lieu la semaine dernière, quelques heures avant l'arrivée du ministre de la Santé, de la Population et de la Réforme hospitalière, Djamel Ould Abbès en visite de travail et d'inspection dans la wilaya d'Oran. Le Dr Fahim a côtoyé et traité plusieurs dizaines d'enfants cancéreux pendant 16 longues années. Ce médecin, surnommé par les enfants Mama Fahim, préside la commission médicale auprès de l'association d'aide aux enfants cancéreux. Ce n'est pas le seul médecin à constater et déplorer la défection de l'équipement.
Plusieurs familles dénoncent la situation et ceci après que le scanner de traçabilité soit tombé en panne, sans qu'il ne soit réparé. Cela dure depuis déjà un mois, a-t-on appris sur place. «Faut-il que l'on expose nos malades sur la place publique pour que nos responsables puissent entendre nos cris de détresse'», s'est interrogé un parent d'un malade venu de la wilaya de Sidi Bel Abbès. Et ce dernier d'ajouter: «Voila déjà quelques jours qu'on fait des va-et-vient sans que l'on ne se soucie de notre malheur.» Bien que le ministre de la Santé ne cesse d'inciter à l'équipement des infrastructures sanitaires, celles-ci font défaut aussi bien dans les centres spécialisés que dans le Centre hospitalo-universitaire de la ville d'Oran. «Etant donné que le scanner du centre est en panne, nous avons réglé une grosse facture et ce pour permettre aux enfants cancéreux d'effectuer des scanners de traçabilité», a-t-on appris auprès d'un membre de l'association d'aide aux enfants cancéreux. Le cas de l'IRM de l'Etablissement hospitalo universitaire d'Oran (EHU) est édifiant. Acheté au prix de 15 milliards de centimes, celui-ci n'a jamais fonctionné après qu'il fut tombé du camion le transportant. Désolantes les images perceptibles un peu partout dans les services de radiologie, le malade du troisième millénaire est, dans la plupart des cas, contraint de faire appel à toutes ses connaissances pour pouvoir se faire une petite radiologie du fémur ou du tibia.
Le mot «en panne» revient, comme un refrain, sur les lèvres aussi bien des praticiens que des techniciens. Si ce n'est pas l'équipement, c'est le médicament qui fait défaut. Ajoutez à cela la conduite, parfois violente, des agents de sécurité. Heureusement que de tels comportements sont définitivement bannis dans le centre des cancéreux d'El Hassi et ce, à la faveur du recrutement de plusieurs psychologues chargés exclusivement de l'accueil des enfants cancéreux.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Wahib AIT OUAKLI
Source : www.lexpressiondz.com