Travailler l’interculturel : Méthode et démarche
«Comment rebuter le regard de» l’ Autre «alors que nous savons très bien que sans l’Autre» «nous ne serions pas». Jacques Berque
 La mondialisation avance à pas de géant et proposer une réflexion autour de l’interculturel et du transculturel est un problème crucial, d’une actualité brûlante.
La réforme du système éducatif entreprise par notre pays touche également les langues étrangères et répond à un besoin pressant de la société soumise à de profondes mutations tant sur le plan social ou économique que sur le plan éducatif ou politique. Ces mutations induites par la mondialisation des échanges et des progrès techniques et scientifiques s’opèrent à une allure vertigineuse. La multiplication des échanges, le développement des voyages, un monde dominé par l’information font qu’il devient de plus en plus urgent de communiquer avec l’étranger.
Qu’est-ce l’inter culturalité
L’inter culturalité c’est l’interaction entre les cultures, l’échange et la communication où une personne accepte la réciprocité de la culture de l’autre. Le préfixe « inter « suggère l’interaction, le partage, la complémentarité, la reconnaissance de l’autre, sans qu’elle soit mélangée à d’autres cultures. On peut voir l’inter culturalité comme une manière d’être, une vision du monde et des autres, une sorte de relation égalitaire entre les êtres humains et les peuples.
C’est l’opposé de l’ethnocentrisme. Existe-t-il un rapport entre l’enseignement des langues étrangères et l’interculturel ?
Les pédagogues mettent en exergue le rôle de l’enseignement des langues dans l’inter culturalité car, soulignent-ils, on ne peut dissocier une langue de ses éléments porteurs de charge culturelle et civilisationnelle. Ils notent également que l’interculturel est un remède efficace contre la marginalisation et l’exclusion, contre les maux qui traversent et séparent les sociétés. Notre identité culturelle et nationale étant à l’abri d’une quelconque remise en question avec l’enseignement officiel de la langue tamazight, le problème posé est de savoir si la prise en considération de la culture dans l’enseignement des langues étrangères est indispensable dans ce début du troisième millénaire.
Le rejet hautain et méprisant à l’égard des autres cultures pourrait nous conduire à l’incompréhension de l’ « Autre «, à l’enfermement : le repli sur soi est signe de mort à plus ou moins brève échéance. Mouloud Mammeri déclarait en 1987 que « les tenants d’un chauvinisme souffreteux peuvent aller déplorant la trop grande ouverture de l’éventail :Hannibal a conçu sa stratégie en punique, c’est en latin qu’Augustin a dit la cité de Dieu, en arabe qu’Ibn Khaldun a exposé les lois sur les révolutions des hommes.
Personnellement, il me plait de constater, dès les débuts de l’histoire, cette ample faculté d’accueil. Car il se peut que les ghettos sécurisent , mais ils stérilisent, c’est sûr.» C’est pourquoi nous devons repenser la place de la culture dans l’enseignement des langues étrangères. Il est essentiel de redéfinir notre projet de société en fonction des enjeux économiques et politiques et préciser quel homme former, pour quel avenir. Avec l’enseignement de la culture en langues étrangères, nous formerons un citoyen ouvert à toutes les civilisations, ayant le sens de la tolérance et le respect à autrui, une société « où vivre ensemble avec nos différences ne serait pas un vain slogan. Quels sont les objectifs à atteindre par l’enseignement des langues étrangères ?
L’enseignement des langues étrangères en milieu scolaire vise le côté pratique, culturel, éducatif et politique, comme le souligne Y. Bertrand qui note que : « l’enseignement des langues étrangères tel qu’il est défini dans les institutions des différents pays ou dans les préfaces des manuels poursuit quatre objectifs à savoir :
-Un objectif pratique : l’élève apprend à communiquer dans la langue étrangère.
-Un objectif culturel : l’élève découvre la littérature, la civilisation, les arts, en un mot la culture du pays étranger.
-Un objectif éducateur et formateur : l’apprentissage d’une langue étrangère forme la personnalité en développant les qualités physiques (sensitivomotrices), intellectuelles et le caractère.
-Un objectif politique : la connaissance des langues étrangères procure au pays une position favorable dans ses rapports avec les autres nations, de plus cette connaissance des langues est censée favoriser la compréhension, la paix et l’amitié entre les peuples. « Déjà, au seizième siècle, Montaigne prônait la connaissance de l’ «Autre», il écrit : «à frotter sa cervelle contre celle d’autrui et les aspérités s’amenuisent.» Se connaissant bien, il apprend davantage sur autrui. Il sait aimer un homme, jaune, blanc ou noir et n’a pas besoin d’arguments pour lui reconnaître une âme. C’est cet « amour naturel «qu’il veut développer chez l’enfant. On attend de l’interculturel dans les langues étrangères qu’il contribue grandement à la compréhension et au rapprochement des peuples. L’avenir de leurs relations dépend largement de la façon dont on maîtrise la langue de l’ « Autre « :
A qui échoit la tâche de transmettre la culture ?
Nous vivons en société, celle-ci s’impose aux individus qui la composent et leur transmet ses institutions, ses lois, ses règles de vie et sa culture. Pour assurer sa survie, elle doit se reproduire biologiquement et pour garantir sa stabilité, il faut qu’elle organise une transmission culturelle. L’enfance est une période intense de socialisation, période où l’enfant apprend vite et doit intégrer la culture.
Qu’est-ce que la socialisation ?
La socialisation correspond au processus de transmission culturelle par lequel l’enfant intériorise les divers éléments de la culture environnante tels que les valeurs, les normes, les codes symboliques, les règles de conduite et s’intègre à la vie sociale.
Socialisation et éducation vont de pair, ce sont des mécanismes par lesquels « la société transmet sa culture, crée des conditions pour que le lien se tisse et assure une homogénéité entre ses membres afin que le sentiment du « nous « se développe. L’éducation n’est que la socialisation méthodique de la nouvelle génération. Au cours de son apprentissage, l’enfant se trouve en contact avec plusieurs adultes (parents, voisins, amis et professeurs), il manipule une multiplicité de références et s’intègre progressivement à la vie sociale et culturelle.
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(à suivre....)
Par Meriem Mahmoudi
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Posté par : sofiane
Source : www.voix-oranie.com