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A la rencontre de la foi (2e partie) Tekhmima



A la rencontre de la foi (2e partie)                                    Tekhmima
La joue enflée comme un ballon de baudruche et tous les muscles de la bouche ankylosés, je me suis agenouillé en tentant de relever, pauvrement et, surtout, difficilement, la face vers le ciel : « Dieu, je vous en supplie, débarrassez-moi de ce mal de dent. Je vous promets que je serai un vrai musulman ! », alors même que vous savez, qu'en l'état actuel des choses et des multiples tentations de l'existence, vous pourrez à peine prétendre au quart du musulman que vous promettez d'être. Mais, vous ajoutez : « Dieu, je vous promets que je vais remédier à tous mes sales et vils actes... dès que les maux disparaîtront totalement, ou, même, un tout petit peu, mon Dieu ! ». Tout comme le chroniqueur, vous promettrez de faire votre prière du Fadjr à l'heure, et vos prières des Taraouih à la mosquée. Vous ajouterez que vous inviteriez à votre table tous les mendiants du quartier et feriez l'aumône, chaque jour. Mieux, la main sur le c'ur, vous promettriez que vous ne détourneriez plus la tête au bruit d'un quelconque talon et ne jetteriez, désormais, aucun « mauvais » regard autour de vous. Pourvu que les maux cessent « totalement, ou, même, un tout petit peu, mon Dieu ! ». Mais, le mal ne cesse pas. Pire, la rage de dents redouble de férocité. Car, ce que nous avons oublié de vous dire, c'est que sidna Ramadhan oblige, aucun médicament n'a été pris, durant la journée. J'ai bien été tenté de casser le premier jour du jeûne, mais j'ai eu peur des châtiments divins : « Et si une autre dent me déclarait la guerre comme punition pour cette mauvaise action ' ». Pour faire taire les craintes nées de mon mal physique et de mes doutes spirituels, j'ai décidé de demander leur avis aux conseillers religieux de la maison de la fetwa locale. J'avais, du reste, dans mes bagages, un précieux atout, les fameux décrets qui permettent aux voyageurs et aux MALADES de ne pas observer le Ramadhan. Sur place, si l'accueil a été amicalement pieux, la réponse a, par contre, été catégorique et sans appel : « Non, monsieur, vous ne pouvez pas prendre vos médicaments le jour, vous n'êtes pas un malade dans le sens de la fetwa. Mais, on vous conseille de réciter quelques versets coraniques pour que le mal s'estompe. Essayez, c'est prouvé ! ». Je suis, alors, allé acheter le Livre sacré pour y apprendre le Coran. C'est dire qu'un mal de dent, pendant le Ramadhan, peut avoir ses bons côtés...
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