
Alger veut revenir sur la place internationale par la grande porteLe gouvernement algérien veut arracher une place dans l'économie mondiale à tout prix. Mais, jusque-là, tout son travail porte essentiellement sur des exercices de charme.L'expression «forum d'affaires» est devenue courante dans le jargon économique et politique algérien. «algéro-français, algéro-allemand, algéro-américain, algéro-britannique, algéro-émirati, algéro-africain, les forums d'affaires se succèdent sans relâche depuis quelques mois. Multilatéraux ou bilatéraux, peu importe. L'essentiel pour la partie algérienne est, semble-t-il, de connecter l'Algérie à l'économie mondiale à travers des partenariats, mais aussi à y occuper une place de choix. C'est du moins l'objectif proclamé par les pouvoirs publics.Depuis le tournant marqué par la chute brutale des prix des hydrocarbures, principale richesse du pays, et les effets néfastes de ce crash sur l'économie nationale, le gouvernement, conscient que le feu a déjà pris dans la maison Algérie, s'agite dans tous les sens afin de trouver le moyen de sauver les meubles. Il a d'abord commencé à réduire les importations, à prendre des mesures plus ou moins encourageantes en matière d'investissement, à élargir un peu le territoire réservé à l'investissement privé et à définir certaines priorités en la matière. Néanmoins, cette démarche s'est avérée fort insuffisante en l'absence d'une stratégie globale impliquant tous les secteurs et s'inscrivant dans une logique de recentrage de toutes les décisions du gouvernement sur les questions économiques et le déploiement de l'économie nationale aussi bien au niveau interne qu'externe en améliorant notamment nos capacités de production et en développant notre commerce international. A cet effet, des missions d'exploration à l'étranger, sont organisées régulièrement par les organisations patronales, particulièrement la Confédération générale des entreprises algériennes et le Forum des entreprises, afin de chercher des débouchés commerciaux pour les produits algériens, mais aussi pour établir des relations de partenariats. Dans ce sens, en Europe, en Amérique et dans les pays du Golfe, c'est pour attirer des IDE que ces missions sont généralement faites. En Afrique par contre, c'est pour chercher des opportunités d'exportation. De plus, parallèlement à ces «business déplacements», des forums d'affaires bilatéraux et multilatéraux sont organisés en présence, souvent, aussi bien d'acteurs économiques que d'acteurs institutionnels. Ces forums, appelés à se perpétuer, visent, selon l'expression du Premier ministre, Abdelmalek Sellal, «à dépasser le stade des intentions et des déclarations et entamer la concrétisation de projets mutuellement bénéfiques pour les deux pays».Pour l'heure, le commerce extérieur algérien reste toujours déficitaire, les exportations étant largement inférieures aux importations. Les nouvelles créations d'entreprises restent aussi modestes compte tenu de l'objectif annoncé, à savoir atteindre 2 millions d'entreprises. Les investissements étrangers en Algérie restent également limités, les entreprises étrangères présentes en Algérie exerçant pour la plupart dans le commerce. De fait, il n'est pas faux de dire que l'Algérie reste encore à mille lieux de son ambition. Toutefois, l'heure des bilans étant encore relativement loin, la situation peut se redresser à la faveur des accords qui ont été signés entre certaines entreprises ainsi que les mémorandums d'entente liant certains pays à l'Algérie et qui constituent une plate-forme fort prometteuse de coopération. De plus, le Forum d'affaires africain, qui va se tenir du 3 au 5 décembre prochain à Alger peut être une occasion d'établir des partenariats triangulaires entre des investisseurs occidentaux, algériens et d'autres issus des différents pays d'Afrique noire, qui prendront part à ce rendez -vous d'affaires international. Et ce d'autant plus que les différents forums qui se sont tenus jusque-là, ont fortement contribué à redorer l'image de l'Algérie auprès de ces partenaires. En effet, le discours rassurant des responsables algériens, leurs engagements à poursuivre les réformes du système économique jusqu'à l'arrimer, à terme, aux standards internationaux ont mis en confiance les opérateurs économiques et les responsables politiques qui ont pris part aux différents forums organisés. «Le Premier ministre britannique, David Cameron, considère l'Algérie comme un pays très stable dans une région qui connaît des difficultés. Nos relations sont solides dans les domaines sécuritaires, de la défense et économiques, que nous comptons renforcer davantage», a-t-il déclaré à l'envoyé spécial du Premier ministre britannique en Algérie, Lord Risby, lors du 2e Forum algéro-britannique sur l'investissement.Le regain d'intérêt pour la scène économique mondiale, la multiplication des rencontres d'affaires bilatérales et multilatérales, les missions patronales à l'étranger, la diversification et la dynamisation de l'économie à travers des mesures d'encouragement et d'incitation sont autant d'éléments pouvant permettre à l'Algérie de se tailler une place de choix dans l'économie mondiale. Néanmoins, le fait d'être sur tous les fronts, sans que des partenaires potentiels fiables et viables ne soient définis comme cible prioritaire, peut être un handicap. De plus, structurellement, la tâche est rude, surtout qu'un grand retard en la matière est à signaler, y compris en comparaison avec ce qu'ont fait et font des pays comme l'Egypte, le Maroc, la Tunisie, la Turquie, le Mexique, etc. Le gouvernement veut à tout pris arracher une place de choix dans l'économie mondiale. Mais son travail se limite jusque-là essentiellement à des opérations de charme en direction de l'opinion publique nationale et internationale.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Amar INGRACHEN
Source : www.lexpressiondz.com