
Dans un passé récent et partout en notre si vaste pays, la célébration du Mawlid Ennabaoui (QSSSL), était un rituel commun.Que ce soit au sein de la famille, au village, à la cité ou dans l'enceinte de la mosquée, c'est dans une parfaite union communautaire, qui tient compte de quelques spécificités locales qu'elle se déroulait. Des festivités multiples certes dans les formes et les couleurs, mais identique dans le fond. La fête s'inscrivait dans la durée tant ses préparatifs étaient longs, pointilleux et surtout mesurés. Les ruelles se lavaient, s'embellissaient, s'embaumaient d'encens et s'éclairaient aux chandelles, des nuits durant et en luminance et une clarté unique en la veille de la fête, qu'on désigne par la «nuit du mawlid». Des immolations, des offrandes en zaouïa étaient organisées, des repas copieux étaient partagés dans une ambiance festive où le chant religieux prédominait. Les mosquées étaient associées à l'événement et organisaient des circoncisions, offraient des cadeaux aux apprenants du Coran. La ville de Bejaïa, réputée pour sa fabrication de bougies, ne lésinait pas sur son usage et paraissait toujours plus éclairée en cette nuit et se confondait cette brillance avec son caractère savant. Chaque foyer semblait sortir d'un rêve et dégageait des senteurs et des éclats qu'en seule cette soirée bénie. Dans les foyers l'ambiance est à la grande fiesta, les beaux habits en sont déballés et mis des friandises et les plus belles pâtisseries du terroir sont déballées et servies sans restriction aux garnements qui en raffolaient. De nos jours, on reconnaît l'avènement du Mawlid à l'envahissement des vendeurs de pétards et autres pyrotechniques qui créent leur commerce juteux et dangereux, sans se soucier que par cette attitude aussi bien à chambouler l'esprit de la fête, qu'à semer l'effroi et la peur. L'ambiance imposée dans la rue est comparable à celle d'une «guerre des pétards» et à qui occasionnerait la plus forte et plus puissante détonation sans se soucier des risques majeures à occasionner dans une folie ou l'insouciance quasi totale prend le dessus sur toute forme de morale. Les urgences d'hôpitaux sont alors envahies par nombreux blessés de la fatalité, et les dégâts sont alors incommensurables. Ils vont des brûlures à la perte de vue. Un constat désolant que d'aucuns redoutent et rejettent à l'exemple des urgentistes et permanenciers sanitaires qui n'arrivent pas à juguler le fort flux d'accidentés ni pouvoir les prendre en charge dans les courts délais qui leur sont imparties. Nombreux urgentistes de la nuit du Mawlid redoutent encore et dont ils ont tiré que de fois la sonnette d'alarme. Constat qui devrait pour autant suffire pour servir et réprimer ce genre de commerce. Restituer à la fête toute sa ferveur reste un v?u pieux, que d'aucuns veulent célébrer la fête loin des vacarmes terrifiants qu'on lui connaît. C'est le rôle de tout un chacun certes, dès lors où la répression qui avec de simples saisies n'arrivent pas à éradiquer le fléau, qui chassé revient aussitôt. IL est temps que la fête reprenne ses droits, qu'elle redevienne celle des visites aux parents, aux amis, aux malades, qu'elle soit un moment de joie, de béatitude, de partage et de retour au temps où nos clubs sportifs s'appelaient Mouloudia, tout comme les nouveaux-nés en cette fête étaient appelés Mouloud.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : B M Oulhadj
Source : www.lnr-dz.com