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À l'origine de nombreux accidents 265 passages à niveau illégaux



À l'origine de nombreux accidents 265 passages à niveau illégaux
« Assurer l'arrivée d'un train à temps est un objectif que nous souhaitons relever mais il faut que l'environnement dans lequel ce train circule doit aussi suivre », a indiqué, jeudi dernier, Yacine Bendjaballah, directeur général de la SNTF, au cours d'une séance de travail organisée à bord d'un train, à l'occasion de la visite d'une délégation parlementaire pour s'enquérir des conditions de transport sur ce moyen de locomotion. Selon lui, les retards enregistrés sont occasionnés par les actes de vandalisme de la signalisation, le vol de câbles et des équipements électroniques. Ainsi, souvent, les conducteurs de train sont contraints de réduire la vitesse, limitée à 120 km à l'heure, jusqu'à 20km/h lorsqu'ils traversent les zones d'habitations précaires. Outre les constructions illicites, les tentes d'immigrés clandestins dressées à quelques mètres des rails constituent un obstacle empêchant la circulation normale des trains. Cette « proximité », tout comme la présenced'individus sur le passage des trains, la destruction des clôtures sont à l'origine de l'apparition du problème de jet de pierres contre les trains.La multiplication des passages à niveau est l'autre réalité déplorée par le premier responsable de l'entreprise. « L'ouverture d'un passage à niveau obéit à des normes et se fait par un arrêté signé par le ministre de l'Intérieur. Mais il est malheureux de constater l'existence de 265 passages à niveau non conformes, ce qui contraint le conducteur de train de s'arrêter pour laisser les camions de marchandises, les bus, les véhicules ou les piétons passer dans un lieu qui n'est pas forcément le plus recommandé », a-t-il regretté. « Il est aussi regrettable de constater d'extension des cités et des unités de production et l'aménagement de passages pour piétons et écoliers sur le domaine public ferroviaire, en contradiction avec la réglementation. Ces pratiques sont, de plus en plus courantes, engendrant des répercussions sur le trafic ferroviaire », a-t-il ajouté. L'aménagement de clôtures, le nettoiement des lieux et l'éradication des bidonvilles « ne relèvent pas des prérogatives de la SNTF ».Une police des chemins de fer 'L'autre aspect abordé lors de cette rencontre a trait à la sécurité, notamment les jets de pierres ou autres objets et les actes d'agression. « Sur les 17 autorails récemment acquis, sept sont à l'arrêt en raison de ce genre d'accidents », a indiqué le DG de la SNTF. Les contrôleurs sont les premières victimes des agressions à l'intérieur des trains. « Les usagers ne payent pas leurs tickets. Le contrôleur est confronté à des groupes de malfaiteurs qui sont capables de tout », a-t-il déploré. L'institution d'une police des chemins de fer devient nécessaire. « Nous avons déployé des agents de sécurité dans les gares et à l'intérieur des trains mais cela reste insuffisant pour dissuader les malfaiteurs. Il est préférable de déployer des agents armés et assermentés pour mieux sécuriser le personnel et les usagers », a-t-il indiqué. A ce propos, les députés relèvent « un manque de coordination entre les différents départements ministériels chargés de tous ces aspects » et « l'absence d'accompagnement sur le terrain par l'Etat à cette entreprise et à l'important investissement consenti dans ce domaine ». En précisant que cette visite s'inscrit dans le cadre de la préparation de la journée d'étude consacrée à la situation des transports en Algérie, Mohamed Moussouha, président de la commission des transports et des télécommunications à l'APN, estime qu'il est « important de constater de visu les conditions de travail, d'échanger avec les concernés sur les problèmes existants afin de trouver les solutions ».127 milliards DA pour de nouveaux équipementsDans ce même contexte, les efforts se poursuivent pour amener la SNTF « à fonctionner selon les normes internationales ». Pour ce faire, plusieurs opérations ont été engagées depuis 2014. Une enveloppe de 127 milliards de dinars a été allouée pour la réhabilitation de ses équipements. « Il est question de renforcer les capacités de transport de marchandises de la SNTF », a expliqué Bendjaballah. Une trentaine de trains à cabine seront réceptionnés dans les prochains jours. « Deux trains vont entrer en exploitation dans les prochains jours », a indiqué le DG de l'entreprise, précisant que « ces acquisitions répondent aux nouveaux besoins des usagers en matière de climatisation et d'exploitation des outils des NTIC ». Concernant le matériel vétuste, une opération de rénovation et de réhabilitation de 202 trains a été engagée dans les ateliers de la SNTF de Sidi Bel-Abbès. Par ailleurs, un contrat d'acquisition de 17 autorails ultramodernes a été conclu avec Alstom. La nouveauté dans ce domaine concerne la réalisation des autorails en Algérie, dans une unité de production basée à Annaba. La direction générale a décidé l'ouverture de ses centres de formation dont quatre dédiés à la formation de haut niveau. Au plan économique, un grand travail a été effectué au niveau des ports, des ports secs et de transport de tubes et marchandises vers les villes de Hassi Messaoud et Touggourt. Le DG promet « des trains selon la demande exprimée par les usagers » et une tarification intelligente » pour récupérer une clientèle qui a déserté ce moyen de transport en raison des conditions citées plus haut. A propos du transport de voyageurs vers le sud, il a annoncé « l'amélioration de la desserte Oran-Bechar avec deux rotations qutidiennes ». Pour les autres destinations, « nous attendons l'arrivée du rail pour desservir les autres villes ».


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