Oran - Revue de Presse

A L'APPEL DU SNPSP Grève illimitée dans les hôpitaux



Les praticiens de la santé publique sont en grève illimitée à partir d'aujourd'hui. Leur syndicat, le SNPSP, a ainsi opté pour le maintien du mot d'ordre de grève, et ce, malgré « la pression du ministère de la Santé et de la réforme hospitalière » qui a décidé d'ester encore une fois le syndicat en justice, en référé. D'ailleurs, une plainte a été déposée au tribunal de Sidi M'hamed pour l'annulation de la grève que le ministère qualifie d' « illégale ».  Les responsables du syndicat national des praticiens de la santé publique ont déclaré lors d'une conférence de presse, tenue hier, dans leur siège, que leur tutelle a toujours préféré le recours à la justice au lieu de favoriser le dialogue « sérieux ». Les membres du syndicat n'ont pas nié le fait que le ministère les a déjà invités à une réunion, mais, a déclaré le docteur Messaoui Mohamed, les membres du syndicat se sont vite retirés de la réunion du 23 mai passé, car il s'agissait, selon eux, d'une réunion de travail ordinaire. « Nous ne voulons pas de réunion ordinaire mais nous demandons une réunion de conciliation avec la présence de l'inspection du travail et de la fonction publique » a indiqué le conférencier.  Les praticiens de la santé disent attendre tout simplement, une réponse claire et précise, à leur plate-forme de revendication. Ils exigent l'élaboration et la promulgation du statut particulier du praticien de la santé publique, la revalorisation de la prime de garde, l'octroi de la prime de zone pour les 13 wilayas enclavées, la revalorisation de la prime de documentation, l'élargissement du temps complémentaire pour le praticien généraliste, l'octroi de la prime d'encadrement, la généralisation de la prime de contagion et la revalorisation de la prime de pénibilité à hauteur de 4 000 DA, ainsi que d'autres revendications relatives aux conditions de travail notamment dans les services des urgences.  Au-delà des revendications syndicales, les conférenciers se sont beaucoup étalés sur la nouvelle carte sanitaire telle qu'elle a été conçue par le ministère de la Santé et de la réforme hospitalière. Ils ont dénoncé la manière de faire du ministère. « Cette carte a été décidée d'une façon unilatérale sans concertation avec le partenaire social » a précisé le docteur Messaoui en ajoutant que cette nouvelle restructuration sanitaire peut bien engendrer des compressions de personnel dans certains centres sanitaires comme elle pourra bien poser de sérieux problèmes pour la prise en charge de la population notamment dans les zones les plus reculées.  Le conférencier a expliqué que la carte en question prévoit que les centres sanitaires se transforment en polycliniques. Mais il a tenu à préciser que le ministère de la Santé à prévu une polyclinique pour une population de plus de 25.000 habitants, ce qui veut dire, que les localités et les villages n'ayant pas ce nombre d'habitants n'auront pas de polycliniques. Ils auront droit alors uniquement à des établissements de santé publique de proximité et de salles de soins.  Les conférenciers ont cité l'exemple du centre sanitaire d'El-Harrach qui a été supprimé de la carte « pourtant, c'est le plus vieux centre de la capitale » ont-t-ils fait remarquer. Et d'indiquer que « nous avons appris hier, qu'il sera rattaché à la polyclinique des Annassers ». Les représentants du SNPSP se demandent « quel est l'intérêt de ce transfert ? ». Le conférencier dira qu'il y a beaucoup de flou sur cette carte, sachant que le personnel des centres sanitaires n'a aucune garantie quant à une éventuelle orientation.  Les praticiens de la santé craignent la compression des effectifs dans les centres. « Nous avons des agents d'administration, des médecins, des femmes de ménage qui peuvent se retrouver au chômage » a affirmé le conférencier. Ils ont également évoqué le projet de confier la gestion d'établissements et salles de soins aux APC et au ministère de l'Intérieur dans les cinq prochaines années.  Le syndicat des praticiens de la santé publique a exigé le gel de cette carte sanitaire et appelé la tutelle à prévoir un dialogue pour des solutions réfléchies qui seront examinées par l'ensemble des acteurs.
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