La lutte contre la corruption semble être le talon d'Achille des pays africains, membres du Mécanisme africain d'Evaluation par les pairs (MAEP). Plusieurs participants, lors du 9e Forum pour le partenariat avec l'Afrique (FPA), qui se tient depuis hier au Club des Pins, ont mis l'accent sur ce peu d'enthousiasme africain et certaines complicités occidentales pour lutter contre ce fléau qui gangrène les économies du continent. «Le terrible fléau de la corruption». Cette phrase est revenue des dizaines de fois, hier, lors des interventions à ce 9e FPA. Chacun y allait de sa «démonstration» pour expliquer la gravité du mal, mais rares sont ceux qui ont pu proposer des solutions pour lutter contre ce phénomène. Le Président Bouteflika aborde, le premier, ce sujet en parlant des «efforts» faits par les pays africains pour tendre vers «des règles et des normes de bonne gouvernance». Intervenant après Horst Köhler, le président allemand, Abdelaziz Bouteflika explique que la lutte contre la corruption est devenue l'une des «préoccupations majeures» de l'Afrique. D'autant que, ajoute-t-il, «chaque acte de corruption a des effets désastreux sur le développement socio-économique». Il estime que les efforts de l'Afrique «tendent particulièrement vers la transparence dans la gestion des finances publique». Pour Bouteflika, « l'éradication de ce phénomène nécessite la mobilisation effective et l'engagement actif de tous les pays africains mais aussi de leurs partenaires au développement», considérant, par ailleurs, que les «initiatives de l'OCDE et de la Banque mondiale sont, certes, méritoires, mais elles restent limitées dans leur portée». A propos des programmes de réformes entamés par les pays africains, Bouteflika considère «qu'il ne fait guère de doute qu'elles sont encore insuffisantes», malgré des «taux de croissance honorables» mais qui «ne sont pas accompagnés par une régression significative de la pauvreté». De quoi s'interroger sur les véritables bénéficiaires des retombées de ces réformes, si les couches vulnérables de la société en sont quasi exclues. Intervenant en premier, le président allemand a surtout insisté sur la nécessité, pour les pays d'Afrique et du G8 et les membres de l'Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE), de «trouver des solutions communes pour le bénéfice de tous». Horst Köhler en appelle, par ailleurs, à une «intégration bien faite» pour lutter contre la pauvreté. Le président allemand a également souhaité la résolution, dans le cadre du NEPAD, de la question du «commerce équitable», voire de la suppression des droits de douanes par les pays développés sur les produits transformés en provenance d'Afrique. La corruption était aussi au menu de plusieurs autres orateurs, hier, lors du 9e FPA. Maxwell Mkwezalamba de la Commission de l'Union africaine (UA), estime que l'Afrique «est en train d'avancer» dans la lutte contre la corruption. Il en veut pour preuve la ratification d'une quarantaine de pays du continent de la Convention des Nations unies contre la corruption. Abdelkader Messahel, le ministre délégué aux Affaires africaines et maghrébines considère, de son côté, que les entraves de la lutte contre la corruption se situent principalement chez les pays développés. Il considère, en effet, que «les lacunes persistantes dans les dispositifs de lutte contre les corrupteurs dans les pays développés entravent le combat livré aux corrompus et à la corruption dans les pays africains et contribuent toujours à ternir l'image et les efforts du continent pour se débarrasser de ce fléau». Sur un autre registre, Messahel a également critiqué «les politiques de migration choisies (qui) sont ouvertement justifiées par les équilibres du marché international du travail au mépris des graves implications de l'exode des compétences sur le développement des pays africains». Le représentant de l'OCDE au Forum a invité les pays africains, membres du MAEP, à s'inspirer des recommandation de son organisation en matière de lutte contre la corruption, notamment dans le volet traduction des corrompus devant la justice. Considérant que la corruption en Afrique «n'est plus à démontrer», le représentant de la Suisse a évoqué la possibilité de blocage des capitaux africains détenus illégalement dans des banques étrangères. La déléguée norvégienne a abordé, elle aussi, le sujet de la lutte contre la corruption, estimant qu'elle doit être «transformée en actions concrètes» par les pays africains eux-mêmes, et faisant état également d'un travail de sensibilisation à ce fléau réalisé en Norvège auprès des entreprises. Le professeur Adebayo Adedeji, président du Panel des Eminentes personnalités du MAEP, rappellera, à son tour, que l'argent de la corruption se trouve souvent dans les banques occidentales et relèvera également «le manque de coopération (des pays développés, ndlr) lorsqu'il s'agit de rapatriement des fonds expatriés». Le représentant du Danemark a été le seul à évoquer la nécessité d'accorder aux médias un rôle de supervision de l'application des réformes.
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Posté par : sofiane
Ecrit par : Mohamed Mehdi
Source : www.lequotidien-oran.com