Oran - A la une

85e partie



85e partie
Résumé : Noria se réveille dans une chambre d'hôpital. Elle devinait qu'on l'avait opérée, et sa vésicule biliaire ne sera plus qu'un mauvais souvenir. Un médecin vint la rassurer sur son état et lui permettra de recevoir sa famille.L'heure des visites venait de sonner. L'infirmière vint l'aider à se redresser sur son lit, et cala un oreiller dans son dos. Quoiqu'encore fatiguée par son opération, Noria se sentit plus l'aise.Ses nausées s'étaient espacées, et on lui avait assuré que d'ici quelques heures elle pourrait prétendre à un peu de bouillon. Pour le moment, elle était nourrie par les perfusions de sérum, et l'aiguille de la sonde qui pénétrait dans son bras lui faisait atrocement mal.Mais elle préfère mille fois cette piqûre aux crises qui n'avaient cessé de la torturer ces derniers temps. Jusqu'à la veille, elle avait refusé d'entendre parler de chirurgie ou d'hospitalisation. Elle ferme les yeux. Elle voulait attendre le retour de son petit-fils. Ce dernier lui manquait énormément, et elle craignait de trépasser sans le revoir.Des pas se rapprochaient. Elle essuie deux longues larmes sur ses joues et tente de faire bonne figure devant la famille.El-Hadj Slimane en tête pénètre dans la chambre. Il s'arrête au seuil, ne sachant plus s'il devait avancer ou attendre que quelqu'un l'autorise à le faire.Ses traits tirés et sa mine chiffonnée renseignaient sur la mauvaise nuit qu'il venait de passer.Noria ébauche un sourire et tend la main vers lui.-Slimane, pourquoi restes-tu là à me regarder ' Approche donc !Un peu soulagé de la revoir et de l'entendre, le vieil époux s'approche de son épouse, suivi de Racim et de Keltoum.-Noria. Comment te sens-tu, ma vieille ' Tu nous a fait une peur bleue hier soir.-Je vais bien. Grâce à Dieu, le pire est derrière moi.Elle jette un coup d'?il à Racim, puis à Keltoum.-Et vous autres ' Pourquoi restez-vous silencieux ' Vous voyez bien que je ne suis pas encore morte.-Hamdoulillah. Hamdoulillah, lance Keltoum d'une voix où perçait l'émotion.Racim de son côté se met à sonchevet.-Je suis heureux de constater que tu as bien supporté ton opération, khalti Noria. Grâce à Dieu, nous sommes tous soulagés maintenant que nous savons que ta vie n'est plus en danger.-Merci mon fils. Quand je me rappelle de la dernière crise, je me demande s'il y a une douleur plus atroce que celle-là.Slimane fronce les sourcils.-C'est de ta faute Noria. Les médecins n'ont pas cessé de te harceler pour te faire opérer. Niet. Tu ne voulais rien savoir.Noria baisse les yeux.-Non. Ce n'est pas ça. Tu le sais bien El-Hadj. Je voulais revoir Choukri.Elle lance un regard implorant à son gendre, qui lui prend la main.-Je pense que la police finira par le retrouver. Choukri reviendra inchallah bientôt parmi nous.-Oui. Il reviendra bientôt, renchérit Keltoum. Que Dieu nous aide dans cette pénible épreuve.Norai déglutit, puis se met à regarder autour d'elle avant dedemander :-Narimène n'est pas venue '-Non.Racim lui serre la main.-Narimène est un peu souffrante. Le médecin lui a recommandé de se reposer. Elle dormait profondément lorsque nous avons quitté la maison, et je n'ai pas voulu la déranger dans son sommeil. Ce soir, si tout va bien, je la ramènerai.Le vieux Slimane toussote.-Tu penses bien que nous n'avons rien voulu lui dire sur ce qui s'était passé hier. Lorsque Racim est arrivé, tu étais pliée en deux et tu ne cessais de crier. Jusqu'à l'arrivée de l'ambulance, tu avais ameuté tout le quartier. Heureusement que Narimène ne t'avait pas vue dans cet état. Dieu seul sait comment elle aurait réagi.(À suivre) Y. H.
Votre commentaire s'affichera sur cette page après validation par l'administrateur.
Ceci n'est en aucun cas un formulaire à l'adresse du sujet évoqué,
mais juste un espace d'opinion et d'échange d'idées dans le respect.
Nom & prénom
email : *
Ville *
Pays : *
Profession :
Message : *
(Les champs * sont obligatores)