La projection du premier film en compétition du Syrien Ghassan Shmeit s'est déroulée dans des conditions des plus ordinaires. La spacieuse salle du Maghreb est restée à moitié vide. Celles et ceux qui ont encombré la cérémonie d'ouverture au centre de conventionnement, notamment les élus, se sont éclipsés comme par enchantement. Par ailleurs, le grand public est toujours intimidé par le nombre de voitures noires stationnant dans la rue Larbi Ben M'hidi devant la salle de cinéma réservées aux délégations et membre du jury, conférant à la manifestation un aspect des plus officiels. Le film projeté « The sail and the strom » (le voilier et la tempête) est inspiré d'un roman de Hanna Mina, tiendra à préciser son réalisateur. Quant à l'acteur principal, Jihad Saad, lui aussi hôte d'Oran, il rappellera qu'il a participé au 25ème anniversaire de l'Indépendance de l'Algérie, avec la pièce de « Caligula » d'Albert Camus.
Le film, très plaisant, il faut le souligner, nous renvoie à la Syrie d'avant la Seconde Guerre mondiale.
Sur le port, le petit peuple trime pour gagner sa pitance. Le soir on se retrouve dans un café tenu par un certain Ettaoussi, symbolisant la virilité, le courage et la bravoure. Contrairement à d'autres, notamment certains patrons présentés comme vils et sans foi ni loi, Ettaoussi, qui vit avec une femme sortie d'une maison close, rêve de revenir à son premier métier parce qu'il est habité par la mer: la pêche. Son frère, qui vient d'acquérir un bateau, entame la première sortie en mer. Par malheur, une tempête éclate et met en danger tout l'équipage.
Refusant de rester les bras croisés, à l'instar du capitaine du port, Ettaoussi décide de prendre une barque et d'essayer de venir au secours des pêcheurs en difficulté.
Il réussira à ramener l'un d'eux et de ramener l'embarcation. Ce qui lui permettra d'asseoir d'avantage son aura, déjà établie d'homme de poing et de principe, au niveau de sa communauté de pêcheurs.
La logique du film est un peu simpliste: le bien qui finira par prendre le dessus sur le mal et par extension la générosité sur l'égoïsme. Sur le plan cinématographique, le film est bien ficelé. On peut le sérier dans la catégorie d'un cinéma réaliste, peignant le réel au point d'esthétiser un réel à première vue rudimentaire.
En dehors de la maison d'Ettaoussi, sobrement décorée, le film évolue dans un cadre presque naturel. Une cabane perchée sur un rocher sert de café. Signalons que le réalisateur a déclaré qu'en dehors d'une projection pour les critiques en Syrie, la première diffusion grand public de « The sail and the storm » a eu lieu en début d'après-midi d'hier à Oran.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Ziad Salah
Source : www.lequotidien-oran.com