La commémoration du 53e anniversaire de la mort des colonels Amirouche et Si El Haouès, tombés au champ d'honneur le 29 mars 1959, dans une embuscade tendue par les forces coloniales de l'armée française, sur le chemin menant le commandant de la Wilaya III historique vers Tunis, dans les monts de Djebel Thamer, à Boussaada dans la wilaya de M'sila, a été cette année l'œuvre des jeunes du village Tassaft Ouguemoun, dans la commune d'Iboudrarène.
Les jeunes du village Tassaft Ouguemoun ont décidé de «se réapproprier leur histoire et celle de leur pays et des hommes qui l'ont libéré au péril de leur vie», en mettant en place un programme riche en activités mais surtout marqué par des témoignages poignants sur le parcours militant et militaire d'Amirouche, «une légende à 33 ans», comme le revendique, à juste titre, une banderole accrochée à quelques mètres de la cantine scolaire de Tassaft Ouguemoun, village natif du colonel Amirouche, où s'est déroulé l'essentiel des activités commémorant la mort de cette légende. Trois jours durant, depuis le 28 mars et jusqu'à hier, le village Tassaft a vécu une intense animation où les activités culturelles et sportives sont venues s'ajouter à l'importante conférence sur l'histoire donnée par des acteurs qui ont été dans le feu de l'action, sous le commandement du colonel Amirouche. En effet, si Ouali Aït-Ahmed, l'un des adjoints du secrétariat du PC de la Wilaya III et ancien chef de daïra et président de l'association Tagrawla 1954- 1962, Si Makhlouf, l'un des fils du colonel Mohand Oulhadj, le vieux renard et non moins sage de la révolution, qui a succédé à Amirouche à la tête de la Wilaya III et Si Amer Azwaw ont animé, dans l'après-midi, de jeudi une conférence sur «le mouvement national et le parcours et la vie du colonel Amirouche». Les conférenciers, devant un auditoire composé en majorité de femmes et de jeunes avides de vérités historiques, se sont relayés pour «témoigner» de faits historiques qui ont marqués la guerre de Libération nationale dont la Wilaya III historique qui a été, selon eux, le fer de lance et la pourvoyeuse d'hommes et d'idées. Si Ouali Aït-Ahmed, avant d'évoquer le colonel Amirouche, a fait d'abord une rétrospective du Mouvement national remontant jusqu'à la création de l'étoile nord-africaine (ENA) qui a été fondée en 1926. «Sur les 22 membres fondateurs, 18 étaient des kabyles et 4 des autres régions», a-t-il déclaré, réfutant la thèse prêtant à Messali Hadj la qualité de fondateur du Mouvement national. «Il n'est venu, envoyé en mission, qu'une année après la création de l'ENA», a asséné M. Aït Ahmed, expliquant au passage que le parti de Messali Hadj, le MNA en l'occurrence, n'a été créé qu'un mois et 10 jours après le déclenchement de la guerre, soit le 14 décembre 1954 et «ses militants étaient chargés de diriger leurs combats contre les éléments de l'ALNFLN ». C'est sur cette précision historique que les conférenciers ont enchaîné sur le rôle d'Amirouche dans l'organisation et la structuration des troupes de combattants de l'ALN et surtout dans la sécurisation et l'organisation du congrès de la Soummam en 1956, après qu'il eut réussi à nettoyer tous les maquis des «messalistes». Les deux autres conférenciers ont également abondé dans le même sens, soulignant aussi le statut de visionnaire et d'homme politique et militaire que fut Amirouche. La cérémonie officielle de recueillement et de dépôt d'une gerbe de fleurs s'est déroulée, hier, au sanctuaire des martyrs de Tassaft, en présence du wali de Tizi-Ouzou et d'une importante délégation de son exécutif et du maire d'Iboudrarène. Il y avait également des élus de l'APW dont son président, des élus municipaux, des sénateurs RCD et son nouveau président Mohsen Bellabès et plusieurs délégations d'anciens combattants et moudjahidine. Au carré des martyrs, un hommage a été rendu à tous les martyrs d'hier et d'aujourd'hui, dont Djaffer Ouahioune et Kamal Aït-Hamouda, deux patriotes assassinés par les terroristes à Beni Yenni le 10 mai 1997 ainsi que Yousfi Azzedine, assassiné par les éléments de la gendarmerie de Tassaft le 29 mars 2002 lors des évènements du Printemps noir de Kabylie. Dans l'après-midi, un récital poétique a été présenté avant la cérémonie de remise des prix aux gagnants des joutes sportives qui ont marqué cet évènement.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Sadek Ait Salem
Source : www.lesoirdalgerie.com