Les anciens du MALG revisitent l’histoire
«La fausse quiétude dans laquelle nous sommes installés ne satisfait plus nos consciences... Il faut déserter les bancs de l’Université pour le Maquis!»
C’est là un passage fort de l’appel à la grève lancé le 19 mai 1956 à l’université d’Alger, témoignant du degré de conscience atteint alors par les jeunes Algériens. La section de la région ouest de l’Association nationale des moudjahidin de l’armement et des liaisons générales (MALG, le service de renseignements de la révolution algérienne, créé en septembre 1958) organise justement, jeudi prochain à partir de 8h30 au Musée du Moudjahid d’Oran, une conférence qui sera consacrée à la participation active des étudiants et lycéens algériens à la lutte pour l’indépendance du pays, tout particulièrement à travers cette prise de conscience qui les a menés à répondre favorablement au mot d’ordre de grève générale illimitée lancé par l’UGEMA (Union générale des étudiants musulmans algériens).L’événement, organisé à l’occasion de la commémoration du 52ème anniversaire de la grève du 19 Mai 1956, sera inauguré vraisemblablement par le président de la section ouest de l’Association -organisatrice de la rencontre-, M. Mahi Bahi, membre du bureau national de l’Association et ancien ministre de la Justice, et l’assistance aura droit à un bouquet de conférences qui seront données par des personnalités ayant vécu l’épisode de 1956. On notera tout particulièrement la présence de M. Dahou Ould Kablia, le président de l’Association nationale des moudjahidin du MALG, qui se défait à l’occasion de sa casquette de ministre délégué chargé des Collectivités locales pour évoquer la fameuse grève, en revenant certainement sur l’éveil qui caractérisait les jeunes étudiants et lycéens algériens qui avaient répondu à l’appel du devoir. M. Salah Benkobi, ancien ambassadeur reviendra, lui, sur l’appel à la grève lancé à partir de l’université d’Alger. Lui-même a été un acteur dans cet événement qui a vu les jeunes étudiants renoncer à leurs études parce qu’ils étaient conscients qu’»avec un diplôme en plus», ils ne feraient pas «de meilleurs cadavres». En effet, à quoi pouvaient servir ces diplômes «pendant que nos mères, nos épouses, nos sœurs sont violées, pendant que nos enfants, nos vieillards tombent sous les mitrailles, les bombes de napalm»? Il y aura aussi l’intervention du Docteur Ferradi qui racontera la participation des médecins algériens à la lutte pour la libération de l’Algérie, en se focalisant sur le cas particulier des étudiants algériens qui se spécialisaient en médecine à Montpellier en France. L’ex-colonel Senouci Hocine interviendra pour sa part en abordant le thème de la formation des cadres de l’ALN dans les grandes écoles et M. Medjaoui évoquera l’apport du Docteur Nekkache pour les lycéens d’Oran...
On pourrait s’interroger sur le rapport liant le MALG à cette date importante dans l’histoire du pays. La réponse sera certainement donnée lors du colloque qui permettra également de lever certaines équivoques dont le fait que les jeunes étudiants et lycéens qui avaient rejoint le service de renseignements de la Révolution algérienne ont, ensuite, dans leur majorité, opté pour la vie civile.
Y. El-Atrach
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Posté par : sofiane
Source : www.voix-oranie.com