Répondant jeudi aux questions orales des députés du Conseil de la Nation, notamment celles ayant trait aux prix de certains produits de large consommation, le ministre du Commerce, El-Hachemi Djaâboub, a divulgué la nouvelle approche de son département pour réguler le marché de l'huile de table et des légumes secs par la création d'organismes publics qui veilleront à l'application de prix plafonnés. D'emblée, le représentant du gouvernement a fait savoir qu'abstraction faite des cours mondiaux des matières premières, 5 litres d'huile coûteront 450 dinars, alors que les légumes secs ne dépasseront plus les 100 dinars le kilo. Cette disposition, une fois appliquée, coûtera 13 milliards de dinars au Trésor public. Cette riposte, attendue depuis que ces produits ont connu une ascension sans précédent, à l'image de l'huile de table qui, au cours du second semestre de l'année passée, a été augmentée de près de 25%, passant de 80 jusqu'à 130 dinars le litre pour la raffinée, qui, avance-t-on, ne contient pas de cholestérol. Idem pour les légumes secs qui sont en grande partie importés des pays sud-asiatiques, qui ont connu une hausse substantielle. A titre illustratif, les haricots secs et les pois chiches sont passés durant la même période de 80 à 120 dinars le kilo. Dans le même temps, le riz est cédé dans le commerce de détail à 60 dinars, contre 45 au début 2007. Enfin, les lentilles et les pois cassés sont passés de 60 à 80 dinars le kilo. Pour mettre en pratique cette nouvelle démarche, le ministre a estimé que l'opération de fixation de prix plafonnés nécessite la création d'offices nationaux et a évoqué, dans ce sens, la possibilité de créer de nouvelles structures pour les huiles et les légumes secs, à l'image de l'Onalait pour ce qui est des produits laitiers. Dans son intervention, le représentant du gouvernement est revenu sur la série de mesures prises pour la préservation du pouvoir d'achat, notamment par le biais des subventions des prix du lait, de la farine et tout dernièrement de la semoule. M. Djaâboub a rappelé que les prix du sachet de lait et du pain ne connaîtront aucune augmentation et restent fixés à 25 dinars pour le litre de lait et à 8,50 dinars pour la baguette de pain. Ces deux dispositions coûteront en 2007 au Trésor public 55 milliards de dinars pour la farine et 22 milliards pour le lait. Dans le même sillage, le ministre a rappelé que les prix de vente à la consommation de la semoule sont fixés à 3.600 et 4.000 dinars le quintal, respectivement pour la semoule normale et la semoule supérieure, dite extra. Cependant, force est de constater que cette disposition, qui devait être applicable depuis le début de l'année, reste encore loin de l'être et le prix du kilo de semoule ordinaire demeure scotché à hauteur de 50 dinars. A ce niveau, il est à préciser que les différents intervenants dans le marché de la semoule se rejettent la responsabilité, et ce devant la faiblesse des moyens de contrôle. Pour les producteurs, il s'agit d'un réseau de spéculateurs qui ont fait main basse sur le créneau et qui dictent les prix, alors que les grossistes considèrent que ce sont les producteurs qui profitent de cette faiblesse des moyens de contrôle pour accroître au maximum leurs bénéfices. Enfin, le ministre a indiqué que le coût global des mesures de subvention prises jusqu'à présent et de celles prévues dans un proche avenir, s'élève à 2,5 milliards de dollars par an, soit 180 milliards de dinars. Aussi, et afin d'éviter de recourir aux décrets présidentiels lors des vacances parlementaires, un fonds national de subvention des prix sera créé et annuellement approvisionné.
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Posté par : sofiane
Ecrit par : Salah C
Source : www.lequotidien-oran.com