Oran - A la une

44 000 jeunes Espagnols ont émigré cette année en Europe du Nord Victimes d´un taux de chômage de près de 25%



Cette année, 44 000 Espagnols, âgés de 25 à 45 ans, ont choisi de tenter leur chance de trouver un emploi dans les pays de l´Europe du Nord. Dans leur pays, une telle possibilité est quasi-nulle en cette période de récession économique qui a poussé à son plus haut niveau le chômage. Celui-ci avoisine, aujourd´hui, les 25%, touchant plus de 40% de la jeunesse, lorsqu´il n´est que de 4% en Autriche.
Des diplômés en majorité
Ce chiffre est en augmentation de 44% par rapport à celui de l´année 2011. Cette tendance à l´exode vers l´étranger avait, pourtant, connu une légère baisse avec à 22.047 départs en 2010, lorsque la récession semblait avoir reculé, avant de remonter brusquement en 2011. En 2009, soit moins de deux années après l´apparition de la crise économique, 22.622 jeunes espagnols, en majorité des diplômés de l´enseignement supérieur et une main d´'uvre spécialisée, avaient opté déjà pour le chemin de l´exil.
L´Allemagne, moteur de l´économie européenne en quête de travailleurs étrangers, mais aussi le Danemark et le Royaume-Uni, sont les destinations privilégiées de ces émigrés, parmi lesquels des ingénieurs, des architectes et des informaticiens, qui sont conscients que le diplôme ne suffit pas pour trouver du travail. Ceux qui n´ont pas osé ont été pris dans le creux de la vague et se sont organisés en mouvement des «indignados» (indignés).
On les retrouve en première ligne dans toutes les marches de protestations sociales faisant aussi, souvent, le siège des places publiques dans la plupart des grandes villes. Cette semaine, ils étaient aux côtés des fonctionnaires qui sont sortis manifester leur colère contre la réduction de leurs salaires ordonnée par le président Rajoy, parmi lesquels il y avait vraisemblablement des policiers qui les avaient réprimés il y a quelques mois pour ces mêmes raisons. Le président lui-même puis le roi ont réduit leurs salaires, a annoncé, hier matin, la presse à la une, publiant les revenus de chacun. Le premier perçoit moins de 6 000 euros et le second environ 20 000 euros mois.
Mais ce geste purement symbolique est sans effet sur le moral des salariés et des chômeurs, alors que la grogne ne fait que commencer. Ces départs massifs à l´étranger rappellent les temps, où fuyant la dictature du général Franco et bien entendu le chômage, les Espagnols avaient massivement émigré en Amérique Latine, en France ou en Algérie, notamment à Oran où l´ancien syndicaliste Camacho, qui y avait passé 17 ans, se rappelait que «dans les années 1950 on parlait plus l´espagnol que l´arabe ou le français» dans la capitale de l´ouest algérien.

L´émigration au pays des immigrés
Il aura suffi d´une crise économique, certes sévère, pour que l´Espagne redevienne la terre des émigrés après avoir été celle de l´immigration durant les deux dernières décennies. Au début des années 2000, la croissance économique dans ce pays avait atteint des pics de 4% et enregistrait la meilleure performance d´Europe avec déficit public zéro alors que le chômage était tombé au-dessous de la barre des 9%.
L´Espagne est boudée, aujourd´hui, par les immigrés en provenance du continent latino-américain. Seule exception, nos harraga qui continuent d´affluer en patéra à Murcie et à Palma d´où ils sont expulsés sitôt arrêtés.
Les perspectives de l´économie espagnole sont des plus sombres sur le court et le moyen terme.
Le gouvernement Rajoy annoncera, demain, un nouveau scénario qui prévoit une chute du PIB de 0,2 à 0,4% en 2013, ce qui l´obligera à trouver des dizaines de milliards d´euros supplémentaires pour espérer équilibrer son budget. C´est la certitude que le taux de chômage ne s´arrêtera pas au taux de 25%.
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