
Une cinquantaine de stands ont pris part, depuis mercredi dernier, au Salon de l'agriculture qui se tient au Centre des conventions d'Oran, et dont la clôture est prévue pour aujourd'hui.A la vue de tous ces animaux vivants, bovins, volaille ou même équins, déambulant dans des allées remplies de foin, on se croirait dans un vrai Salon de l'agriculture à la parisienne, mais il n'en est rien.C'est juste le musée de l'agriculture de Sidi Bel Abbès, unique en Algérie et deuxième en Afrique, qui a déménagé à Oran pour occuper un des cinquante stands du Salon international de l'agriculture, inauguré, hier, au CCO et qui se tient jusqu'à aujourd'hui. Pour les visiteurs non professionnels, ce sera une attraction certaine, car dans le même espace est également exposée une panoplie de matériels et équipements anciens, qu'ils soient traditionnels ou plus ou moins modernes, introduits du temps de la colonisation.«Le musée a été créé sur une initiative privée, mais en collaboration avec l'université de Sidi Bel Abbès, et notre objectif est de montrer au public l'importance de la terre qui nous nourrit», expliquent les représentants du stand, à propos de ce musée un peu particulier et qui montre également le prototype d'une maison traditionnelle, avec tous les aspects liés au travail de la terre et de l'élevage. Ce salon en est à sa deuxième édition, il est donc en voie de trouver ses marques. Les entreprises algériennes ou étrangères, représentées par leur marque vendue en Algérie, participent notamment avec le matériel agricole, dont les tracteurs, mais pas seulement.Des producteurs de viande, de lait, d'huile d'olive ou de miel participent également à ce salon. Théoriquement, les politiques d'aide au développement de l'agriculture nationale devaient donner des fruits, mais la filière huile d'olive souffre encore d'un certain nombre de dysfonctionnements.C'est le cas relevé par un fabriquant représentant la marque Chiali, qui opère dans la région de Aïn Témouchent. «Auparavant, je me faisais livrer en olives directement par les agriculteurs, mais, depuis quelques années, ce sont les intermédiaires qui sont entrés en jeu et il y en a trop», se plaint ce transformateur, qui dit subir trois fois par an les contrôles de la direction du commerce, sans que cette autorité se préoccupe du marché complètement dérégulé. Ce transformateur propose le litre d'huile conditionnée dans une bouteille en plastique à 750 DA, contre 400 pour le demi-litre conditionné dans un emballage en verre.Le plastique lui permet de baisser les prix, en plus du fait que, selon lui, l'industrie du verre n'est pas très développée en Algérie et la société Alver croule sous la demande. Il suggère également de faire attention à l'huile dite d'«olive», importée de l'étranger, mais qui n'est en réalité que celle produite à base de résidus. Ce ne sont pas les intermédiaires qui causent les désagréments à la filière miel, mais la contrefaçon.«Le seul moyen d'être sûr d'avoir acheté un produit conforme est de connaître soi-même le producteur», admet le responsable de la société El Miloud et fils, qui est également le président de l'Association des apiculteurs de Mostaganem. Son miel est proposé à 3000 DA le kg, contre 500 DA pour la variété produite au sud du pays et qui est particulièrement prisée pour ses vertus médicinales supposées. «Je ne peux pas descende en deçà de ce prix, car en tant que producteur, je subis aussi la cherté des équipements et produits d'entretien», explique-t-il, et, chez lui, on retrouve le même constat concernant les variétés importées et commercialisées dans les grandes surfaces, à savoir que le produit n'est souvent pas tout à fait conforme, même s'il n'est pas impropre à la consommation.La filière avicole est également, et dans une large mesure, concernée par la fraude. Les professionnels reconnaissent l'usage intempestif des hormones et des antibiotiques pour doper la rentabilité et si le phénomène ne cesse de prendre de l'ampleur, c'est parce que le marché de la volaille est miné par l'informel et donc il échappe au contrôle.C'est l'avis du chef de service commercial représentant Oravio. «Nous sommes une entreprise publique et c'est déjà une garantie, mais il faut savoir que nos produits sont suivis du début jusqu'à la fin», indique-t-il. Oravio, qui a modernisé ses sites d'abattage, dispose d'un point de vente au quartier Plateaux pour sa marque SAO, mais livre également plusieurs commerçants.Le site de Hassi Bounif (w. d'Oran) produit 8 000 poules par jour, contre 21 000 pour celui de Zahana (w. de Sidi Bel Abbès). «Certains produits indésirables en Europe sont introduits en Algérie via le réseau de contrebande qui active à la frontière entre l'Algérie et la Tunisie», tranche pour sa part Hadj Benhliliba, un fabricant de batteries de poules pondeuses et de clapiers de lapins installé à Gdyel (w. d'Oran). Cette entreprise familiale est le fruit d'un investissement modeste, elle est appelée à s'agrandir. La viticulture est présente grâce à la participation de l'ONCV, qui expose ses jus de raisin, mais aussi, fait remarquable, une gamme de ses 18 marques de vin.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Djamel Benachour
Source : www.elwatan.com