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2016, UNE ANNEE ANGOISSANTE



2016, UNE ANNEE ANGOISSANTE
2015 est déjà un souvenir. Plutôt mauvais que bon, puisqu'il nous a annoncé des lendemains difficiles. 2016 est là et, déjà, on se tient le ventre: que nous réserve-t-elle ' En fait, le gros des mauvaises nouvelles qui attendent les Algériens a été dévoilé lors d'une adoption mouvementée de la loi de finances 2016. Il y aura beaucoup de hausses des prix des produits de large consommation, des prix à la pompe et de l'électricité et du gaz. Ajoutés les uns aux autres, cela donne évidemment une série d'augmentations des prix qui vont se répandre sur l'ensemble de la chaîne commerciale. Effet boule de neige. N'en déplaise au ministère du Commerce et ses assurances pas rassurantes.Sur ce point, les Algériens ont été prévenus, même sans ménagement, que des hausses sont prévues mais ce qui n'a pas été expliqué, c'est leur amplitude et, surtout, leur incidence sur le niveau de vie des Algériens, leur confort social et matériel. Car l'essentiel des soucis pour 2016 sera focalisé autour des mécanismes mis en place ou qui seront mis en place pour éviter à l'Algérie le chemin du FMI. Pour 2016, les comptes, grosso modo, sont bons avec l'utilisation du Fonds de régulation des recettes (FRR), mais pour les deux prochaines années, et tant que le prix du pétrole ne sera pas réévalué à la hausse d'ici là, ce sera vraiment difficile de serrer encore plus la ceinture. A moins d'aller vers d'autres horizons, d'autres modes de gouvernance économique.Les comptes du pays étant mis à mal par la baisse des prix du brut et cette infernale hausse de la courbe des importations, il faut donc envisager sérieusement que 2016 sera pénible, particulièrement pour les bas salaires, les faibles revenus, car et en dépit des assurances du gouvernement, des hausses de prix sont inévitables pour les grands produits autant que pour les services, les transports. 2016 sera une année difficile, une année éprouvante pour tous durant laquelle sera en principe, par ailleurs, dévoilée la mouture finale du projet de Constitution. Un texte en réalité qui devrait donner du grain à moudre pour une opposition essoufflée, en mal d'adversité et d'ingéniosité pour capter l'attention de l'opinion publique, au moment où les partis de l'alliance présidentielle n'offrent pas également des opportunités tangibles pour relever le débat sur ce nouveau texte de la loi fondamentale. Car elle va pratiquement changer le socle institutionnel et donc politique du pays. Ce sera la grande inconnue politique de 2016.Mais, les partis seront là, comme des faire-valoir, et surtout tiendront leur rôle de gardiens du temple. Rien de nouveau à attendre de ce côté-ci, puisque la vie politique nationale sera l'année prochaine très probablement comme ce qu'elle a été en 2015 et les années d'avant, déplorable et déprimante avec un débat stérile sur des questions loin des intérêts et des préoccupations de l'opinion publique, loin de faire avancer les choses sur la bonne gouvernance, les droits de l'homme, la liberté d'expression, l'avenir du pays, les prochaines échéances électorales. Certes, sur le plan sécuritaire, des progrès énormes ont été faits et l'Algérie fait figure de modèle dans la région, après avoir lutté seule et par ses propres moyens contre le terrorisme.Ce bienfait de la paix et de la stabilité retrouvées ne semble pour autant pas été bien apprécié par la classe politique qui fait de la surenchère un fonds de commerce. Ce sera, malheureusement, sauf changement de dernière minute, ce qui est improbable vu les forces en présence, un remake en 2016 des combats de chiffonniers entre partis de l'opposition et ceux proches du pouvoir, incapables donc de débattre des grands dossiers du moment, comme celui de mettre à l'abri le pays de la tempête économique qui s'annonce. Tous les clignotants sont au rouge pour 2016, les chemins de la croissance sont obstrués, la vie politique est dans l'impasse, seuls tiennent en place les espoirs d'un rebond, d'un sursaut salutaire.


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